Par ailleurs, le terme "mendacia" en latin a aussi bien le sens de "mensonger" que de "illusion, erreur", ou encore "contrefaçon, imitation, reproduction". Il n'y a pas forcément de connotation d'intention malhonnête derrière ce terme.
Je ne conteste pas les différents sens que vous proposez : il correspondent au Gaffiot ou à cet autre dictionnaire. En revanche je remarque que l'idée de tromperie volontaire est présente dans la plupart des sens proposés, et en particulier dans le premier. L'exégèse du frère Basile reste pour le moins crédible !2/ Au sujet de la liberté de consciencele père Basile écrit : « II) Mais entre ces deux opinions s’en glisse une troisième. 1° Tout en admettant avec les « objectivistes » que le droit ne peut pas être fondé sur la sincérité de la conscience, 2° elle estime qu’il pourrait être fondé sur une autre réalité, et avoir la sincérité de la conscience non comme fondement, mais comme bien à protéger juridiquement. » Ca n'a pas de sens. Il n'appartient pas au pouvoir civil de juger de la sincérité de la conscience. Comment pourrait-il donc discerner - et donc protéger - cette sincérité ?
Il ne revient pas au pouvoir civil de juger au cas par cas de la sincérité de la conscience. En revanche, il lui revient de laisser la liberté à certains actes dans certaines circonstances, pour protéger la sincérité de la conscience. Dans d'autres circonstances, l'État interdira certains actes car il pourra présumer en général qu'il ne sont pas posés "selon la conscience", ou bien qu'ils outrepassent les justes limites : cela est expliqué ici, où je reprend l'argumentation de l'abbé Lucien.« Certes, il ne s’agit pas de promouvoir la proposition contraire, qui soutiendrait que n’importe quel mésusage (universelle affirmative) laisse intact le « droit à ne pas être empêché d’agir ». Nous soutenons simplement la proposition contradictoire, c’est-à-dire : « quelque abus de la liberté de la conscience ainsi présentée est protégé par le droit ». Et les interlocuteurs se voient alors mis en demeure de démontrer qu’un abus de la LR intérieur aux limites de l’ordre public juste de DH 7, § 3 ne rentre pas dans ce cas. » Quelqu'un peut m'expliquer quelle est exactement la position soutenue ?
L'auteur fait ici allusion à la théorie des abus du droit, qu'il a rappelé ailleurs à la suite de Léon XIII et de saint Thomas. Pour résumer, il y a deux façons d'abuser d'un droit civil : - l'abus simplement moral. Le coupable détourne un droit qu'il possède pour poser des actes immoraux, mais qui restent cependant protégés par le droit civil, tant qu'il n'outrepasse pas les limites légales du droit. Exemples : untel qui fait usage de son droit de propriété sur telle maison pour s'y livrer à la débauche ; ou un autre tel qui utilise sa voiture pour se rendre à la réunion de la société de pensée locale. - l'abus légal. Celui qui s'en rend fautif détourne lui aussi le droit, mais cette fois-ci il outrepasse les limites du droit civil, et son acte n'est plus protégé par la loi : il doit au contraire être réprimé. L'application qu'en fait le frère Basile : un abus moral du droit de rechercher librement la vraie religion, qui reste cependant dans les "limites de l’ordre public juste de DH 7, § 3", n'est pas un abus légal. Aux opposants de démontrer le contraire.