Vous semblez admettre la prémisse : la possession en commun de la vérité et la pratique commune de la vraie religion sont un élément majeur du bien commun. Il s'ensuit logiquement que tout ce qui va à l'encontre de cette possession en commun va à l'encontre du bien commun, je ne vois pas où est la faille.
La possession de la vérité en commun est un élément important du bien commun. Mais il en est un autre aussi grand, sinon plus (car elle permet une adhésion au Christ "en esprit et en vérité", non par crainte mais par amour) : que les hommes possèdent une certaine sphère de liberté. Une des composantes essentielles du bien commun est la juste harmonisation entre les différents biens recherchés : le souci de posséder la vérité en commun ne doit pas être poussé jusqu'au point d'empiéter sur cette juste sphère de liberté. C'est justement là le rôle et le mérite de DH : expliciter davantage l'étendue de cette sphère de liberté, et son harmonisation avec les autres éléments du bien commun.Le fait que la personne humaine dispose d'une sphére de liberté est hors de propos et n'invalide pas l'inférence : nous parlons du bien commun, non du bien individuel. Il est évident que l'atteinte du bien commun passe parfois par la négation de l'un ou l'autre intérêt individuel.
La situation est la même dans les deux cas. On peut les considérer au plan individuel : l'adhésion de telle personne à la vérité, ou la sphère de liberté pour telle personne. Ou du point de vue du bien commun : l'adhésion commune des hommes à la vérité, ou la sphère de liberté commune pour que les hommes arrivent à cette adhésion.