On ne doit pas comprendre « opinionum mendacia » comme désignant toutes les erreurs en matière religieuse. En effet, des convictions admises de bonne foi par erreur ne peuvent être nommées « mensonges ».
Cela reste à démontrer. Léon XIII en effet n'a pas dit - "ceux qui professent des doctrines mensongères (opinionum mendacia) [il est juste que l'autorité publique les réprime]" mais bien - "les doctrines mensongères, peste la plus fatale de toutes pour l'esprit [il est juste que l'autorité publique les réprime]" Il n'y a rien de subjectif là-dedans, et par conséquent réduire la portée de la condamnation en faisant jouer la bonne/mauvaise foi du sujet, c'est outrepasser le sens littéral du texte. Par ailleurs, le terme "mendacia" en latin a aussi bien le sens de "mensonger" que de "illusion, erreur", ou encore "contrefaçon, imitation, reproduction". Il n'y a pas forcément de connotation d'intention malhonnête derrière ce terme. 2/ Au sujet de la liberté de consciencele père Basile écrit :II) Mais entre ces deux opinions s’en glisse une troisième. 1° Tout en admettant avec les « objectivistes » que le droit ne peut pas être fondé sur la sincérité de la conscience, 2° elle estime qu’il pourrait être fondé sur une autre réalité, et avoir la sincérité de la conscience non comme fondement, mais comme bien à protéger juridiquement.
Ca n'a pas de sens. Il n'appartient pas au pouvoir civil de juger de la sincérité de la conscience. Comment pourrait-il donc discerner - et donc protéger - cette sincérité ? Il y a encore d'autres passages qui me gênent dans certaines interprétations du texte par le P.Basile, mais ça prend du temps à exprimer clairement. Il me semble en tout cas qu'il ... lit l'encyclique non pas en y cherchant son sens obvie, mais en y cherchant la justification de ce qu'il cherche à démontrer. C'est légitime en l'occurrence, mais ça se rapproche dangereusement dans certains cas de la pétition de principe. Cordialement Meneau