L'abbé Lucien a montré qu'il existait un principe de résolution de l'apparente contradiction entre Vat.2 et les enseignements de Pie IX et Grégoire XVI (Quanta cura, Mirari vos etc.), je cite : - Dignitatis humanae affirme le droit naturel à la liberté (externe) d'agir, en matière religieuse, SELON SA CONSCIENCE. - Grégoire XVI et Pie IX nient l'existence d'un droit naturel à la liberté externe d'agir, en matière religieuse, COMME ON VEUT. Or il est tout à fait possible, et malheureusement fréquent, qu'un homme agisse comme il veut, sans agir selon sa conscience. Souvent en effet un pécheur agit contre sa conscience, bien que dans d'autres cas il agisse selon sa conscience coupablement erronée. Par ailleurs, en chaque homme, le jugement de conscience est exercé par la raison pratique qui saisit d'abord les principes généraux de l'ordre moral. Cette connaissance des principes généraux varie avec les personnes selon les conditions du milieu social, d'éducation, l'histoire individuelle etc. ; mais ces conditions sont de soi observables de l'extérieur. Et ainsi, au moins pour une part et dans certains cas, il est possible de juger prudemment de l'extérieur si une personne agit selon sa conscience ou non. Il s'ensuit que le droit d'agir "comme on veut" diffère du droit d'agir "selon sa conscience". Il n'y a donc pas de contradiction. Rappel: la conscience a pour fonction propre l'application des normes générales de la moralité à une action particulière à faire. Lors donc qu'une personne ne tient pas compte, dans son agir, des données morales générales et objectives qui sont effectivement à sa disposition, l'autorité légitime peut légitimement présumer que cette personne n'agit pas selon sa conscience. Application à l'histoire : - EN climat de chrétienté, ces données sont effectivement à la portée de tous: l'Eglise a donc pu présumer que ceux qui n'en tenaient pas compte n'agissaient pas selon leur conscience. - DANS la situation actuelle du monde, on ne peut plus présumer d'une manière générale que la religion catholique et ses motifs de crédibilité sont suffisament présentés aux hommes. L'attitude pratique de l'Eglise se trouve donc modifiée.