Le sens commun n'est pas une excuse
dominique bontemps -  2008-11-08 18:39:37

Le sens commun n'est pas une excuse

Le sens commun n'est pas une excuse pour s'opposer au Magistère. En disant cela, je ne remets pas en cause votre honnêteté, dont je sais apprécier les signes. Votre argumentation s'appuie sur l'idée que les sens obvies de DH et QC sont contradictoires, mais sur cela je ne suis pas d'accord : les deux droits sont clairement différents à mon avis. Le problème est particulièrement visible lorsque vous répondez aux arguments de l'abbé Lucien (merci à Vianney pour ces liens). Je réponds à vos arguments plus longuement directement dans le fil de discussion concerné. Ce que je souligne ici, c'est que vous avez besoin de développer tout un raisonnement pour prouver votre thèse : un droit à ne pas être empéché d'agir selon sa conscience et un droit à faire tout ce que l'on veut seraient en fait une seule et même chose. Votre raisonnement, quelque respectable qu'il soit, reste humain et faillible : il ne peut légitimer l'opposition au Magistère. DH doit d'ailleurs être vue comme une interprétation authentique du Magistère précédent : même si DH ne se limite pas à cela, elle précise l'extension des condamnations de la LCC par les papes antérieurs. Quant à votre point 1 : pas de problème a priori. Ce qu'enseigne DH aussi est "parfaitement adaptée à l’intelligence humaine", soit dit en passant. C'est logique puisque DH développe la doctrine catholique.

2. Selon ce sens commun, il y a une contradiction flagrante entre Quanta Cura et Dignitatis humanæ.

Là je ne suis plus d'accord ; la notion de "liberté civile en matière religieuse" est trop floue, elle ne prend pas en compte les claires différences entre QC et DH mises en avant dans mon message initial. Mais j'ai déjà répondu sur ce point ailleurs.

3. En supposant que le Père Basile ait raison (transeat), n’est-il pas encore plus étonnant (parlons par euphémisme) qu’il faille six volumes bien serrés pour démontrer qu’il n’y a pas contradiction (...)

Le livre que j'ai recommandé est le résumé en un seul volume, soit dit au passage. Quant au fond de votre remarque : si la thèse du Père Basile est si épaisse, c'est qu'il a fait une étude très fouillée, à travers tous les siècles, de ce que les Pères de l'Église, les principaux théologiens, et les papes, ont pu dire et faire. si le ratio nombre de pages/documents étudiés devait être un critère pertinent (ce que je ne crois pas), il n'est pas du tout clair qu'il serait en faveur du livre de l'abbé Lucien (celui qu'il a lui-même réfuté, mais qui reste la référence des opposants à DH). Quant à votre point 4, il n'est qu'une conséquence des précédents : qui a réfuté ceux-ci l'a déjà réfuté.

5. C’est un fait. Un fait tragique. Il reste ensuite à en tirer les conséquences sans s’écarter d’un ongle de la doctrine que l’Église professe sur elle-même, sur son infaillibilité, sur son autorité : mais c’est une autre histoire.

On peut aussi faire marcher l'argument dans l'autre sens : qui se refuse aux conséquences auxquelles vous faites allusion doit remettre en question son opposition à DH. Et il aura raison, parce que DH est compatible avec la doctrine catholique : c'est un fait. Un fait heureux.