Préciser la pensée du Père Jehan
dominique bontemps -  2008-11-08 11:04:40

Préciser la pensée du Père Jehan


la notion de droit chez le père Basile est contredite dans une autre étude plus récente (2004) publiée par le père Jehan de Belleville (..). Tout en continuant à défendre Dignitatis Humanae, le père Jehan conteste les arguments du père Basile (p. 36) : "Dans l’ordre juridique le « droit à n’être pas empêché d’agir » et le « droit d’agir » sont en réalité identiques. Ils ont en effet [...] le même devoir juridique comme corrélat (le devoir négatif de ne pas empêcher d’agir) et le même objet (l’agir en question)."

Le droit d'agir et le droit à ne pas être empêché d'agir n'ont pas le même objet : le premier a pour objet l'agir en question, le second à pour objet la liberté d'agir (le non-empêchement de l'agir), ce qui est bien différent. Cette différence s'illustre encore dans les "corrélats" : alors que le droit à ne pas être empêché d'agir est une simple permission négative, le droit d'agir implique approbation positive (l'agir doit être bon), il entraîne habituellement l'aide positive de l'État et parfois même l'obligation pour des tiers d'aider le détenteur du droit à obtenir l'objet du droit. J'ai développé un peu ces questions ailleurs.

Il regrette que, dans un ouvrage d'une telle ampleur, « la doctrine du droit objectif et de la pensée aristotélico-thomiste soit si peu élaborée, soit à peine neuf lignes sur trente-quatre pages du chapitre trois consacré à la notion de droit ».

Dans l'état actuel du travail du Père Basile, dire que "la pensée aristotélico-thomiste soit si peu élaborée, soit à peine neuf lignes" serait un grossier mensonge. La doctrine philosophique du droit est développée en particulier dans le chapitre préliminaire de son "résumé", qui étudie de manière très fouillée la notion de droit. Cette citation du Père Jehan est donc clairement insuffisante pour remettre en cause le travail du Père Basile. Mais au-delà, on doit se demander quelle est exactement la notion de droit chez le Père Johan ? Une si brève citation ne permet pas de le comprendre. En effet, s'il adhère à DH, le père Jehan n'adhère manifestement pas au sophisme suivant : - droit d'agir et droit à ne pas être empêché d'agir sont une seule et même chose ; leur objet est identique ; - or l'objet d'un droit est un bien moral ; - donc le droit à la LR de DH n'existe pas. Là où ce raisonnement pèche, c'est que la première prémisse est tout simplement fausse. Mais peut-être le Père Jehan a-t-il une autre notion de droit, et démonte autrement ce sophisme ? A vous de nous le dire.