DH demande qu'on accorde à tous le droit de manifester en public la religion qu'ils suivent en conscience, dans de justes limites. Il s'agit d'une permission négative (tolérance), qui ne comporte aucune approbation, mais juste un laisser-faire. En fait, les fausses religions seront régulièrement limitées dans leurs expressions publiques, parce qu'elles portent atteinte sur un point ou un autre à l'ordre public juste : l'ordre public, la paix sociale ou la moralité publique (polygamie, incitation à la haine raciale, destruction de la famille... les exemples ne manquent pas). Même dans le cas de troubles publics dont les fausses religions ne sont pas les seules fautives, leur manifestations publiques pourront être au-moins partiellement suspendues : l'usage du droit à la LR est alors limité pour sauvegarder des biens supérieurs. En revanche, l'État catholique fournira une approbation positive à l'Église catholique : encouragement à la pratique religieuse, reconnaissance dans l'Église de l'Autorité infaillible concernant la morale, vie publique imprégnée par la Doctrine sociale de l'Église, et bien d'autres choses encore (en un mot : le règne social du Christ-Roi, cher à Léon XIII et Pie XI).
Thèse du Père Basile et/ou de Dominique BontempsCependant, l'Etat, le pouvoir civil et laïque, souverainement incompétent en matière de doctrine religieuse, est tenu de me protéger dans la pratique de la vérité que j'ai choisie, c'est-à-dire dans l'exercice de la religion que je professe, parce que je l'ai trouvée seule vraie et seule supérieure à toutes les autres. C'est là ce qui constitue la liberté religieuse, que l'Etat moderne, l'Etat libre est tenu de respecter et de garantir non seulement à chaque citoyen en particulier, mais aux citoyens réunis pour professer leur culte, c'est-à-dire aux corporations, aux associations, aux Eglises. Est-il besoin d'ajouter que la liberté religieuse, telle que je l'invoque, ne saurait être illimitée, pas plus qu'aucune autorité ? La liberté des cultes, comme toutes les autres, doit être contenue par la raison éternelle et la religion naturelle. L'Etat, incompétent, en thèse générale, à juger entre les cultes et les opinions religieuses, demeure juge et compétent (quoique non infaillible) de ce qui importe à la paix publique, aux moeurs publiques. Contre tout ce qui attente à la société civile, il a le droit de la légitime défense.
Montalembert, Discours de Malines, 1863. Rappel : Pie IX écrit Quanta Cura en 1864 après avoir consulté le Saint Office qui conclue qu'il faut condamner les thèses de Montalembert. Relisez d'ailleurs Pie IX qui condamne la proposition suivante :La meilleure condition de la société est celle où l'on ne reconnaît au gouvernement ni le droit, ni le devoir de réprimer les violateurs de la religion catholique par la sanction des peines, si ce n'est dans la mesure où la tranquillité publique le demande
Or vous prétendez que DH revendique un droit à ce même "non-empêchement" pour reprendre vos termes, et DH fonde ce droit sur la dignité de la personne humaine. Si un tel droit était ainsi fondé sur la Révélation alors l'Etat aurait le DEVOIR MORAL de faire respecter ce droit. Il s'ensuit que le seul régime qu'il pourrait instaurer serait justement celui que Pie IX interdit de considérer comme le meilleur. Etat schizophrène qui aurait bien du mal à atteindre la fin qui lui est propre : le bien commun....!!! Cordialement Meneau