Il n'est PAS VRAI qu'en parlant d' "imagination la plus déréglée" Grégoire XVI vise quelque chose que l'expression "selon sa conscience" excluerait : c'est un fait d'expérience, que la conscience morale la plus scrupuleuse peut être le fait d'une imagination la plus déréglée...
L'expression "imagination la plus déréglée" est en effet trop vague, et toute seule isolée du contexte il n'est pas évident qu'elle contredise "selon sa conscience". Mais vous oubliez complètement le contexte ! les papes ont usé abondamment des termes "sans limites", "illimité", "effrénée", etc. Ils ont aussi insisté sur le lien logique avec l'indifférentisme. Dire que ce qui est condamné au XIXe c'est une liberté de faire ce qui nous plaît en matière de religion, avec notre "bon" plaisir pour seul critère, c'est vraiment le sens obvie des textes, l'interprétation la plus naturelle. Et il se trouve qu'une telle liberté est réellement différente de la liberté d'agir selon sa conscience tel qu'enseigné par Vatican II. J'ai illustré cette différence dans l'argumentation de ce message, à propos de saint Benoît.D'autre part, il faut vraiment être pourri de personnalisme (...) pour s'en aller concevoir qu'un droit civil ait le moindre rapport avec la conscience morale
Vous soulevez là une question qui a sans doute son intérêt en histoire de la philosophie : quelle est l'influence de la pensée personnaliste sur le Magistère de l'Église ? Personnellement, ce qui m'intéresse ici est plutôt : qu'est-ce que le Magistère a enseigné ? DH doit-elle être taxée de personnaliste ? Je n'en suis pas convaincu, mais au fond ça ne m'intéresse pas vraiment. Je n'ai jamais beaucoup aimé les étiquettes pour abréger les raisonnements.