Circonstances
dominique bontemps -  2008-11-07 19:11:25

Circonstances

Quant à votre point 1, je suis d'accord que le second article de loi est un contraire du premier. Quant au point 2, il semble à première vue inspiré par DH, mais je ne sais pas le contexte (en particulier, qu'y a-t-il dans l'article 2 de la loi ?), et je ne suis pas en mesure de juger des circonstances exactes de la Société espagnole à ce moment-là. Dans ces conditions, affirmer que la nouvelle rédaction est imposée par la cohérence avec DH serait pour moi téméraire : en particulier, je ne sais pas si les justes limites sont suffisamment garanties. Quant au point 3, l'ancien article semble en effet à première vue incompatible avec DH, mais là aussi il ne faut pas se laisser berner par les apparences. Certes, DH affirme un droit naturel à ne pas être empêché d'agir selon sa conscience en matière religieuse dans de justes limites, et que ce droit s'étend naturellement au domaine public en raison de la nature sociale de l'homme et de la religion. Mais DH affirme aussi que l'usage du droit peut être limité en raison des exigences de l'ordre public juste. Certaines circonstances peuvent rendre nécessaire l'interdiction de toute "cérémonies et manifestations extérieures autres que celles de la religion catholique", sans pour autant violer le droit à la LR selon DH. Selon le frère Basile, de telles circonstances [exigeant une limitation de l'usage public du droit à la LR] n'étaient pas seulement présentes dans ce pays d'Amérique du Sud (la "Nouvelle Grenade", il me semble) auquel fait référence la proposition 78 du Syllabus, mais étaient en fait habituellement présentes dans la plupart des pays par le passé, ce qui légitimait une limitation habituelle du droit à la LR. En quoi peuvent consister de telles circonstances ? J'en ai donné des exemples possibles en divers endroits, par exemple ici, où je donne d'autres liens. Mais le point que le frère Basile souligne particulièrement, c'est l'absence de réciprocité : dans la mesure où les autres religions violent habituellement le droit à la LR des catholiques, ceux-ci sont contraints de restreindre l'usage du droit chez les non-catholiques, par légitime défense. C'est encore le cas aujourd'hui avec l'Islam (et c'est une question tellement d'actualité que même nos médias nationaux en parlent, à propos du forum qui vient de se tenir à Rome). Par le passé, cette absence de réciprocité était générale, et proclamer le droit à la LR était doublement inopportun : d'abord parce qu'on aurait proclamé quelque chose d'inapplicable ; et en outre on aurait semblé donner des armes aux ennemis de la Foi. Que la situation ait aujourd'hui partiellement changé, c'est une question prudentielle : mais même si ce n'est pas le cas, cela ne remet pas en cause la vérité d'un droit naturel à la LR tel qu'enseigné par le Magistère contemporain. Sur ces questions, pourquoi ne pas consulter directement le livre du frère Basile ? Je ne suis capable que d'en faire un résumé imparfait. Même si vous n'êtes pas convaincu, du moins aurez-vous jugé sur pièces.