Bien qu'ordonné à la fin ultime qui est le salut surnaturel, l'État n'a pas la compétence pour réprimer tout ce qui s'y oppose. S'il doit empêcher la propagation de l'erreur en matière religieuse, c'est dans la mesure où il y a violation de l'ordre public juste : par exemple, parce que les fauteurs trompent les gens par des arguments fallacieux et un prosélytisme malhonnête ;
Mais justement, qu'est-ce que l'ordre public juste ? S'il s'agit, conformément à la doctrine catholique d'un ordre où seule la religion catholique a des droits et que les autres n'en ont aucun, alors, nous sommes d'accord et DH ne fait que reprendre l'enseignement de QC et de toute la tradition catholique, mais sous une formulation malheureuse et équivoque qu'il conviendrait d'abandonner pour revenir à celle de Quanta Cura, beaucoup plus claire. De même vous parlez d'arguments fallacieux et de prosélytisme malhonnête. Mais avez-vous donc oublié que la religion catholique est la seule vraie religion à l'exclusion de toute autre, que le fils de Dieu lui-même est venu sur terre pour nous la révéler et qu'il est donc impossible de s'en détourner autrement que par des arguments fallacieux et du prosélytisme malhonnête. L'État se doit de protéger les plus faibles, les plus fragiles en les préservant de cette propagande fallacieuse et malhonnête.Remarquez que votre raisonnement pourrait aussi s'appliquer aux péchés : l'État devrait alors réprimer tous les péchés, du moins dès qu'ils ont un aspect public. Cela n'est pas le cas, tous l'admettent (voir par exemple la position de saint Thomas sur la prostitution, ou les jurons - si je me souviens bien).
Mais de l'impossibilité pour l'État de réprimer tous les péchés qui ont un aspect public et donc nuisent à la société et à l'ordre public juste, il ne s'ensuit nullement que la pratique de ces péchés devienne un droit, ni que les fautifs aient acquis un droit à ne pas en être réprimés. Ce n'est et ne sera toujours qu'une tolérance. Les jurons sont le plus souvent d'ordre privé. Quand un juron est d'ordre public, il ne sera réprimé que lorsqu'il est proféré au cours d'une cérémonie particulièrement solennelle. Dans les autres cas, ce n'est pas parce qu'il n'est pas réprimé que cela devient un droit. Ce n'est qu'une tolérance due à l'incapacité de l'État de le réprimer et, le pourrait-il, parce qu'il a des missions plus importantes. La prostitution si elle s'exerce entre adultes consentants et célibataires reste d'ordre privé et l'État n'a donc pas à intervenir. Dans le cas contraire cela sera réprimé mais au titre de la loi sur le détournement de mineurs ou sur l'adultère (qui en France a été dépénalisé par Chirac). En revanche la prostitution a des à côtés qui sont d'ordre publics et que l'État se doit de réprimer : il s'agit du racolage et du proxénétisme. De ce côté, l'actuelle loi française est très bien faite, son seul tord est de n'être pas appliquée.