Devoirs de l'État face à l'erreur
dominique bontemps -  2008-11-07 09:41:01

Devoirs de l'État face à l'erreur


Oui c’est une notion absurde en l’occurrence, quand on parle de liberté religieuse au for externe et public.

J'ai déjà répondu abondamment à cette question d'absurdité, dans de nombreux autres messages. Je ne vois pas ce que le caractère public du droit à la LR y change, mais surtout j'ai déjà répondu à ce dernier point particulièrement dans ce message.

L’Etat ne peut pas forcer quelqu’un a adhérer contre sa conscience à la vraie religion. Mais il doit empêcher la propagation de l’erreur, puisqu’il est sensé travailler au bien commun, et que le bien commun ultime c’est le salut des âmes.

Bien qu'ordonné à la fin ultime qui est le salut surnaturel, l'État n'a pas la compétence pour réprimer tout ce qui s'y oppose. S'il doit empêcher la propagation de l'erreur en matière religieuse, c'est dans la mesure où il y a violation de l'ordre public juste : par exemple, parce que les fauteurs trompent les gens par des arguments fallacieux et un prosélytisme malhonnête ; ou parce que leur doctrine détruit la moralité publique (comme les Cathares à l'époque) ou s'oppose à la juste obéissance à l'autorité publique (comme les Protestants pendant les guerres de religion) ; ou pour d'autres raisons encore qui relèvent de l'ordre public juste tel que défini dans DH. En outre, en réprimant toute manifestation de l'erreur religieuse, l'État violerait un bien supérieur, qui est la sphère de liberté dont l'homme non encore catholique a besoin pour accomplir son cheminement vers le Christ en esprit et en vérité. Tous ces points sont d'ailleurs confirmés par le Magistère Vivant, justement dans DH et divers textes postérieurs. Remarquez que votre raisonnement pourrait aussi s'appliquer aux péchés : l'État devrait alors réprimer tous les péchés, du moins dès qu'ils ont un aspect public. Cela n'est pas le cas, tous l'admettent (voir par exemple la position de saint Thomas sur la prostitution, ou les jurons - si je me souviens bien).