Avant 1967, la religion catholique était religion d'Etat, et défendue en tant que telle. Citons l'article 6 : "La profession et la pratique de la religion catholique, qui est celle de l'Etat espagnol, jouiront de la protection officielle. Personne ne sera inquiété pour ses croyances religieuses ni pour l'exercice privé de son culte. On n'autorisera pas d'autres cérémonies ni d'autres manifestations extérieures que celles de la religion catholique." Situation parfaitement cohérente avec l'enseignement traditionnel de l'Eglise. Pie IX et Léon XIII ont affirmé la supériorité d'un Etat catholique sur un Etat laïque ou agnostique ou indifférentiste, et même porté des condamnations doctrinales à qui affirmerait le contraire.
Le problème ici, à mon avis, vient du fait que vous confondez État catholique et État qui "n'autorise pas d'autres cérémonies ni d'autres manifestations extérieures que celles de la religion catholique". Ce n'est pas la même chose, je m'en explique ci-dessous. DH demande qu'on accorde à tous le droit de manifester en public la religion qu'ils suivent en conscience, dans de justes limites. Il s'agit d'une permission négative (tolérance), qui ne comporte aucune approbation, mais juste un laisser-faire. En fait, les fausses religions seront régulièrement limitées dans leurs expressions publiques, parce qu'elles portent atteinte sur un point ou un autre à l'ordre public juste : l'ordre public, la paix sociale ou la moralité publique (polygamie, incitation à la haine raciale, destruction de la famille... les exemples ne manquent pas). Même dans le cas de troubles publics dont les fausses religions ne sont pas les seules fautives, leur manifestations publiques pourront être au-moins partiellement suspendues : l'usage du droit à la LR est alors limité pour sauvegarder des biens supérieurs. En revanche, l'État catholique fournira une approbation positive à l'Église catholique : encouragement à la pratique religieuse, reconnaissance dans l'Église de l'Autorité infaillible concernant la morale, vie publique imprégnée par la Doctrine sociale de l'Église, et bien d'autres choses encore (en un mot : le règne social du Christ-Roi, cher à Léon XIII et Pie XI).