Je réduis donc votre assertion à sa seule partie erronée : "le bien auquel on a droit, c'est de ne pas être empêché dans de justes limites" Or ce n'est pas un bien et ce n'est pas un droit. Justement puisque ce que l'on prétend faire est mal, que cela cause du tort à autrui, il est du devoir des pouvoirs publics de l'empêcher. Parfois, en raison des circonstances, ceux-ci pourront être amenés à le tolérer, mais ce ne sera jamais un droit.
Il n'est pas absurde de dire que la tolérance d'un mal soit elle-même un bien et puisse être l'objet d'un droit. A cela on peut apporter deux démonstrations : - 1) la première, c'est l'exemple du droit à ne pas être empêché d'élever ses enfants dans sa propre religion, même si celle-ci est erronée, dans de justes limites. L'existence d'un tel droit est admise par tous (à la suite des Papes). - 2) la seconde tient à l'argument philosophique suivant : tolérer un mal peut être un bien. Cela aussi est admis par tous. Il y a deux raisons qui font que tolérer un mal est un bien : - 2a) lorsqu'un bien supérieur est espéré : alors même celui qui serait en droit d'empêcher le mal peut, et parfois doit, le tolérer ; - 2b) lorsqu'on n'a pas l'autorité pour intervenir : une autorité (par exemple Dieu) peut interdire certains actes, et en même temps ne pas donner à une autorité inférieure (par exemple l'État) le droit d'intervenir sur cette matière (tant que de justes limites ne sont pas franchies). Dans ce cas, le sujet fautif pourra même exiger en justice que l'autorité intermédiaire ne l'empêche pas de poser tel acte pourtant interdit par une autorité supérieure. Exemple trivial : mon voisin n'a pas le droit de conduire sans attacher sa ceinture. Mais si je cherche à l'en empêcher par la force, il pourra m'attaquer en justice. Tout cela démontre-t-il l'existence d'un droit à la LR tel qu'enseigné à Vatican II ? Non. En revanche, cela démontre que la prémisse "l'objet d'un droit est toujours un bien", quelque vraie qu'elle soit, ne permet pas de conclure à l'inexistence du droit à la LR.