Il s'agirait donc bien d'un droit objectif
La terminologie "droit objectif" est plutôt floue, je conseille de l'éviter. Le chapitre préliminaire du livre de frère Basile étudie les différents sens possibles du mot "droit", il pourrait vous intéresser si vous voulez approfondir le sujet.Or un droit objectif est forcément moral, ordonné au bien.
Nous sommes d'accord avec vous pour dire que l'objet d'un droit est un bien moral. Dans le cas d'un droit négatif, ou droit à ne pas être forcé, à ne pas être empêché, l'objet bon moralement c'est la tolérance. Je vous renvoie à la réponse que j'ai faite à Vianney pour développer ces idées (svp, répondez à cet autre message si vous voulez argumenter sur ce point).Malheureusement DH enseigne un droit naturel à la liberté religieuse, fondé sur la nature de l'homme. Il s'agirait donc bien d'un droit objectif, qui ne dépend pas du fait que l'on suive sa conscience ou pas, du fait que celle-ci soit éventuellement erronée, voire coupablement erronée.
Plus exactement, DH enseigne un droit négatif, à ne pas être forcé ni empêché lorsqu'on suit sa conscience en matière religieuse, tant que l'ordre public juste est sauvegardé. Et comme le dit si clairement le passage que vous citez, ce droit s'étend à ceux qui suivent leur conscience coupablement erronée. (Selon la terminologie du frère Basile, ce dernier cas est un "abus moral" du droit à la LR : je vous renvoie à son livre.) En revanche, DH réaffirme clairement plusieurs fois que rechercher la vraie religion et y adhérer est un devoir moral : pas de droit moral à l'indifférentisme ici.Pas d'accord !
Pour conclure, quelques réflexions sur votre désaccord. En l'occurrence, vous êtes en désaccord avec le Magistère Vivant de l'Église. Il serait légitime de vous demander sur quoi ce fonde ce désaccord : sur votre conviction personnelle (et donc humaine) de ces questions ? sur la vision de la doctrine traditionnelle qui prédomine dans les milieux où vous évoluez ? ou bien sur le Magistère infaillible de l'Église précédant Vatican II ? Vous êtes convaincu que vous vous fondez principalement sur le Magistère de l'Église, et c'est heureux. Mais il y a quand même une difficulté de taille : l'ensemble de l'Église enseignante, assistée par le Christ et interprète authentique du Magistère passé, a cru pouvoir dans son unanimité morale proclamer et adhérer à Dignitatis Humanae ! En outre, ils ont affirmé explicitement que cela était compatible avec le Magistère antérieur. Cela mérite approfondissement. C'est cet approfondissement que vous propose le frère Basile : il reprend tous les textes magistériels, les étudie point par point pour mieux les comprendre.