Réponse groupée : Scribe, jl d'André (+Vianney)
dominique bontemps -  2008-11-05 22:30:15

Réponse groupée : Scribe, jl d'André (+Vianney)


désolé, ce n'est pas de moi et je n'ai pas le temps de résumer, découper.

Cela semble compréhensible, et on serait presque tenté de vous pardonner... si vous ne tombiez pas dans le travers que je demandais d'éviter ici. En faisant ce travail de résumé, vous vous seriez en outre aperçu que ce texte ne répond pas à mon message ! La réponse de Vianney mérite à mon avis le même reproche, mais j'y répondrai spécifiquement plus tard (ce message est le dernier de mon quota pour aujourd'hui). Le gros défaut du texte que vous présentez, c'est qu'il présuppose la contradiction entre DH et le Magistère antérieur : c'est expédié en un paragraphe au début, une piqûre de rappel à la fin, et tout le reste cherche à expliquer la genèse de cette contradiction et ses conséquences néfastes pour l'Église. Tout le contraire du livre du frère Basile, qui prend les textes magistériels et les approfondit point par point. J'ai toutefois fait l'effort de tout lire attentivement (autant que possible). L'argumentation, quelque brève qu'elle soit, mérite une réponse, que voici ci-dessous.

[La Déclaration sur la liberté religieuse] nie, en effet, que le pouvoir civil puisse intervenir par des lois en matière religieuse au profit de la religion catholique, ce qui avait été constamment enseigné auparavant

Cela est erroné, DH ne le nie pas, comme je l'ai déjà souligné dans une réponse précédente (si vous voulez argumenter sur ce point, svp faites-le là-bas). En passant, je m'interroge sur le sens de l'expression "constamment enseigné auparavant" pour l'auteur du texte que vous citez : s'agit-il de ce que les Papes ont explicitement enseigné, de l'ensemble de commentaires que les théologiens ont fait du Magistère sur ces points, ou tout simplement de l'idée que l'auteur se fait de la doctrine traditionnelle et de l'interprétation des encycliques ? Comme très peu de textes sont appelés à la rescousse, ça mériterait clarification (par exemple en utilisant une terminologie plus précise).

(...) elle affirme, sans autre limitation que celle de « l’ordre public », que la liberté religieuse au for externe est un droit inscrit dans la nature de la personne humaine et dans la révélation divine, ce qui avait été constamment et solennellement condamné jusque-là (...) ; enfin, la « Déclaration » conciliaire demande que ce droit, absolu sur le plan religieux, soit inscrit dans la loi civile, ce qui avait été également sévèrement condamné, notamment par l’encyclique Quanta cura (...)

Cela rejoint le message de jl d'André, auquel je vais répondre en même temps :

QUANTA CURA (Propositions condamnées) A - "La meilleure condition de la société est celle où on ne reconnait pas au pouvoir le devoir de réprimer par des peines légales les violations de la loi catholique, si ce n'est dans la mesure où la tranquillité publique le demande". B - "La liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme". C - "Ce droit doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien organisée." DECLARATION DU CONCILE (Propositions enseignées) A' - "En matière religieuse, nul ne doit être empêché d'agir en public selon sa conscience, seul ou associé d'autres, dès lors que l'ordre public juste est sauvegardé". B' - "Le Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse (au for interne et externe) C' - "Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l'ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu'il constitue un droit civil."

Avant de faire une réponse commune à ces deux messages, une remarque sur la proposition "A" de jl d'André : il ne s'agit pas là de la définition de la liberté de conscience et des cultes (ce qui au passage rompt le parallélisme que vous tentez d'établir avec DH) : vous avez mélangé deux paragraphes de Quanta Cura. Cette proposition n'en est pas moins condamnée, mais elle n'est pas du tout affirmée dans DH : au contraire, l'ordre public juste de DH inclut pour l'État le devoir de réprimer les violations des droits de l'Église : c'est en effet un de ses premiers devoirs que de protéger le droit et la justice. (Une remarque de traduction : il s'agit des "violateurs de la religion catholique" : "violatores catholicae religionis" en latin.) Je passe maintenant à la réponse commune au message de Scribe et à celui de jl d'André. Nous sommes en présence de deux enseignements du Magistère : le premier condamne la proposition selon laquelle il y aurait un droit naturel à la Liberté de Conscience et des Cultes (LCC), et par conséquent qu'il faille en faire partout un droit civil ; le second affirme un droit naturel à la Liberté Religieuse (LR), et par conséquent demande qu'on en fasse un droit civil. Comment est-il possible que ces deux enseignements ne se contredisent pas ? Tout simplement par ce que la LCC et la LR sont deux choses différentes. Un droit à la LCC ce n'est pas la même chose qu'un droit à la LR ! C'est tout l'objet de mon message initial, et malheureusement je suis bien forcé de constaté que personne n'y a vraiment répondu.