Non, pas encore
Maïe -  2008-11-01 23:19:54

Non, pas encore

-+JHS+-
même si elle est bien atteinte. L'église de mon village, ce matin cher Ennemond était bondée pour la messe de Toussaint, pleine à craquer de famille réunies par la Toussaint, braillante de bambins excités de se retrouver entre cousins, petits cousins, issus de germains... vous voyez le tableau. Et cet après-midi, celle du village de mes beaux-parents (3 à 4 km d'une paroisse qui devrait vous être chère) débordait et a recraché sous la pluie battante et glaciale un flot de gens d'âge mur, voire canonique et quelques jeunes parents, jeunes et très jeunes enfants, pas tellement ravis d'assister pour certains à une deuxième messe: autrefois on avait la messe dans sa paroisse et les vêpres dans la paroisse de la famille (celle de "l'autre" conjoint). Mais il n'y a plus de vêpres... L'abbé de Nantes avait raison de dire qu'il fallait rester le plus possible dans nos paroisses. Petit à petit, têtus et agenouillés au fond de notre église, changeant de file autant de fois que nécessaire pour ne pas communier de la main d'un "civil", ouvrant la bouche pour la communion et génuflexant à l'entrée de l'église, en sortant et chaque fois qu'il le faut... Nous les aurons! Les paroisses ne mourront pas si nous ne leur donnons pas le coup de grâce! Avant le motu proprio S. P. je n'en aurai pas juré. Maintenant, j'en suis sûre. Surtout si nous arrivons, dans ce paysage de paroisses clairsemées, à obtenir quelques foyers de tradition qui rayonneront pas ondes successives. Comme les monastères autrefois. Ce qui en sortira ne sera pas la messe congelée de la SPX, mais ce ne sera certainement plus la messe lyophilisée P6. Ce sera une vraie messe de Saint Pie V avec des saints plus proches dans le temps pour quelques uns et des mises à jours canoniquement acceptables. Notre Seigneur est maître du temps. Nous, nous passons. Vous savez Ennemond, le discours que vous tenez, je l'entends depuis une trentaine d'année. Les premiers qui me l'ont tenu -et que j'ai cru: on croit ce qui vient de l'évêché lorsqu'on est catholique- étaient des responsables diocésains qui voulaient nous faire comprendre que les paroisses étaient trop étendues et pas assez peuplées. Ils nous disaient: "Aujourd'hui il y les grands rassemblements autour du pape. Les J. M. J. , les pèlerinages... Quand "ils" viennent à la messe en paroisse, cela leur parait étriqué, riquiqui, ridicule même. nos assemblées dominicales sont trop maigres. Le concile a donné la liberté de choix des paroisses. Alors..." (j'emploie leurs mots). Il faut re-grou-per. "Groupir!" Et comme par hasard, on regroupait en suivant le schéma des districts, communautés diverses et variées allant du syndicat d'électrification à l'adduction d'eau... J'ai compris la supercherie lorsqu'un bon apôtre, qui par ailleurs devait être du bâtiment***... me dit avec l'air d'un chat qui digère le rôti que vous n'aurez pas: "Ah! maintenant on ne pourra plus dire "paroisse" quand on parlera d'un village. Maintenant, il y a beaucoup plus de communes que de paroisses." Ce jour-là, je me suis couchée un peu moins bête que je ne m'étais levée et je crois bien que c'est alors que j'ai décidé que je devais faire un effort. Ce qui ne veut pas dire tout accepter, tout financer. On n'est pas obligé -non plus- de soutenir l'insoutenable. Mais, de grâce, gardons nous de porter les coups qui seront fatals à la paroisse: en tant que catholiques nous devons pouvoir rejoindre la communauté partout en poussant la porte d'une église. Sinon, cela veut dire que nos Pères se sont fatigués en vain.