dominique bontemps - 2008-10-13 22:37:41
mais plutôt classique
Par exemple :
"Si l’on dit que le prince est dégagé de la loi, c’est quant à sa force contraignante ; en effet, personne n’est contraint, à proprement parler, par soi-même ; et la loi n’a force de contrainte que par la puissance du chef. C’est de cette manière que le prince est dit dégagé de la loi, parce que nul ne peut porter de condamnation contre soi-même au cas où il agirait contre la loi." (Somme Théologique de saint Thomas d'Aquin, I II, Q. 96, a. 5, ad 3).
Cependant la suite du texte vous donne partiellement raison : celui qui détient l'autorité est tenu d'observer ses propres lois, à cause du scandale qu'une manière contraire de faire donnerait. (Même là, le péché ne serait pas contre la loi positive, mais contre le devoir de Charité, qui interdit le scandale). Mais cela ne s'applique clairement pas quand le pape décide de modifier une loi positive précédente : sa nouvelle manière de faire n'est alors pas scandale, mais bon exemple en vue de l'adoption de la nouvelle loi.
"Un reproche, du reste, est adressé par le Seigneur “ à ceux qui parlent et ne font pas ; qui imposent aux autres de lourds fardeaux qu’ils ne veulent pas même remuer du doigt ”, selon Matthieu (23, 3). C’est pourquoi, devant le jugement de Dieu, le prince n’est pas dégagé de la loi, quant à sa puissance de direction ; il doit exécuter la loi de plein gré et non par contrainte. Le prince est enfin au-dessus de la loi en ce sens que, s’il le juge expédient, il peut modifier la loi ou en dispenser suivant le lieu et le temps." (ibidem)
Votre distinction entre loi morale et loi positive est curieuse.
Une précision : je ne distingue pas entre loi morale et loi positive, mais entre "loi morale édictée par Dieu" et "loi positive"... laquelle est aussi une loi morale (j'aurais du le préciser, mais je n'ai pas vu la confusion possible).
Prenons un exemple : l'obligation du célibat ecclésiastique n'est pas une loi morale, mais une loi positive édictée par nos souverains pontifes. Il y a d'ailleurs des rites orientaux où ce célibat n'est pas obligatoire. Est-ce pour cela que le pape aurait le droit de se marier ? Bien sûr que non !
Surtout que s'il le faisait, il romprait le voeu de chasteté qu'il a fait en recevant le sous-diaconat (et il se trouve que l'obligation de remplir ses voeux n'est pas une loi positive papale).