Apprendre et être surpris
dominique bontemps -  2008-10-13 20:56:57

Apprendre et être surpris


Votre argumentation est curieuse ! D'après vous, le pape pourrait désobéir à une loi édictée par Dieu, mais il ne pourrait pas désobéir à une loi édictée par lui-même.

En précisant qu'il s'agit de possibilité métaphysique et non morale ["ce n'est pas absurde mais il n'en a pas le droit" versus "cela n'a pas de sens"], c'est bien cela !

Cette distinction est des plus curieuse, car d'une part nous savons qu'une loi morale est édictée par Dieu, justement parce que le pape nous l'enseigne. D'autre part, une loi édictée par le pape engage le plus souvent l'autorité divine et l'on retombe donc dans le cas précédent.

Il y a deux possibilités. - Soit il s'agit d'une loi morale édictée par Dieu, et la Pape la rappelle : dans ce cas le pape ne désobéirait pas au pape, mais à Dieu. - Soit il s'agit d'une loi positive du pape [si le pape ne décrétait pas ainsi, nous aurions le droit de faire le contraire] : dans ce cas le pape ne peut pas s'obliger légalement lui-même. Peut-être (selon les cas) commettra-t-il un autre péché en se dispensant de propres ordonnances ou de celles d'un de ses prédécesseurs, mais il ne peut pas pécher contre sa propre loi.

Maintenant dans le cas qui nous occupe, à savoir la liturgie de la messe, il est bien évident que l'autorité divine a été engagée par le pape.

Même lors d'une loi positive, le pape engage l'autorité de Dieu ("omnis auctoritas a Deo", a fortiori lorsqu'il s'agit du Vicaire du Christ).