En ce qui concerne l'Ordo de la messe, « tout en gardant fidèlement la substance des rites, on les a simplifiés (8) ». On a aussi fait disparaître « ceux qui, au cours des âges, ont été redoublés ou ajoutés sans grande utilité (9) », surtout dans les rites d'offrande du pain et du vin, et dans ceux de la fraction du pain et de la communion. On a aussi « rétabli, selon l'ancienne norme des saints Pères, certaines choses qui avaient disparu sous les atteintes du temps (10) », par exemple l'homélie (11), la prière universelle ou prière des fidèles (12), le rite pénitentiel ou acte de réconciliation avec Dieu et avec les frères au début de la messe, toutes choses qu'on a justement remises en valeur.
Dans cette révision du Missel romain, en plus des trois changements signalés plus haut, à savoir la prière eucharistique, l'Ordo de la messe et l'Ordo des lectures, d'autres parties aussi ont été revues et considérablement modifiées: le Temporal, le Sanctoral, le Commun des Saints, les messes rituelles et les messes votives. En tout cela, un soin particulier a été apporté aux oraisons: leur nombre a été augmenté, pour que de nouveaux textes répondent mieux aux besoins nouveaux, mais aussi leur texte a été rétabli sur la foi des sources les plus anciennes. Pour chaque férie des temps liturgiques principaux, Avent, Noël, Carême et temps pascal, une oraison propre a été prévue. Si le texte du Graduel romain, au moins en ce qui regarde le chant, n'est pas changé, cependant, pour une participation plus facile, on a restauré le psaume responsorial, dont saint Augustin et saint Léon le Grand font souvent mention, et on a adapté pour les messes lues les antiennes d'introït et de communion.
L'emploi systématique du "on" ou de la forme passive à la place du "je" ou du "nous" montre bien l'intention évidente du législateur de ne pas engager l'autorité du magistère dans des réformes qu'il présente comme émanant d'un autre que lui, mais qu'il se garde bien d'approuver explicitement.