Abel - 2008-10-11 11:39:46
Mais non mais non !
Cher Dominique, mais non !
le « Je crois en un seul Dieu » du début du Credo ne dispense pas du consubstantiel : c'est ce qui le rend nécessaire.
Le Credo proclame absolument, sans partage, massivement si l'on ose dire (et avec infiniment de vérité) : Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant... Il n'y a qu'un seul Dieu, ce Dieu est le Père, le Père est ce Dieu.
Puis survient l'article : et en Jésus-Christ son Fils... La distinction des personnes étant très clairement signifiée, il faut aussi exprimer en même temps :
– que ce Fils est Dieu, totalement Dieu, et non pas une émanation, une image, un presque-Dieu etc. (et donc exclure l'arianisme) ;
– qu'il n'est pas un autre Dieu, qu'il est le seul Dieu auquel on croit (et donc exclure la contradiction et le polythéisme).
Le mot « consubstantiel » a été forgé pour cela, et il remplit parfaitement sa fonction. L'expression « de même nature » est insuffisante pour cela. Non pas de l'insuffisance générale des paroles humaines dans l'expression de la vérité divine, mais d'une insuffisance délibérée.
C'est pourquoi j'ai parlé d'équivoque, de régression, et même d'acte criminel du point de vue de l'expression de la foi.
Il ne faut pas oublier que la dégradation de consubstantiel en de même nature a pris place dans un vent d'hérésie, de négation, d'arianisme galopant. Je parle de la France, puisqu'il s'agit d'une traduction française. C'est l'époque des nouveaux catéchismes (fonds obligatoire de 1966) ; du missel à fleurs hérétique (1970) ; de ce que Jean Madiran a nommé l'hérésie du XXe siècle, à savoir une avalanche d'équivoques et d'erreurs incroyables, du torpillage épiscopal de la loi que rappelait encore Humanæ vitæ etc.
C'est pourquoi il ne faut pas qualifier trop vite de téméraire le qualificatif criminel que j'ai utilisé.
Je suis surpris et peiné de tant d'indulgence pour ce qui a été la destruction de la foi théologale dans les âmes. Malheur à celui qui scandalise un de ces petits...
Abel