L'opposition "tradie"...
Vianney -  2008-10-11 11:20:13

L'opposition "tradie"...

...nie en effet que l'infaillibilité s'étende à un concile aussi atypique que Vatican II. Ses raisons ne sont pas dépourvues de toute valeur, entre autres parce qu'on a trompé les pères conciliaires sur la portée des déclarations qu'on les engageait à signer, en leur répétant qu'on ne voulait pas faire du doctrinal, mais du pastoral. Néanmoins, en ce qui me concerne, ces arguments ne me convainquent pas (ou plus). Pour avoir lu l'abbé Lucien, précisément, et surtout certains auteurs plus anciens auxquels il fait référence, je suis persuadé qu'effectivement, le problème de l'autorité est posé, non seulement par certaines des déclarations de Vatican II, mais encore par la façon frauduleuse dont les innovations ont été introduites pendant et après le concile. Non pas qu'il n'y ait rien de bon dans les enseignements post-conciliaires, mais parce que le bon y est constamment mélangé avec le mauvais, suivant une recette qui ressemble à s'y méprendre à celle que décrivait saint Pie X dans Pascendi. Ce mélange permanent se retrouve assez logiquement à tous les échelons. Il y a en a pour tous les goûts : pour les durs (déclaration de Ratisbonne) comme pour les conciliants (prière à la Mosquée bleue). Les canonisations, c'est pareil : le Padre Pio y côtoie Mère Teresa. On doit encore s'estimer heureux que, jusqu'ici, l'enseignement moral est à peu près maintenu, du moins à Rome, car au niveau de plusieurs épiscopats nationaux, c'est une autre chanson. En bref, toute garantie d'orthodoxie a disparu. Comme si, pour reprendre l'expression de Mgr Lefebvre, « l'Esprit-Saint était en vacances ». Et aussi longtemps que tout se passera comme si, les catholiques fidèles seront en droit de se comporter comme si. Ce qui, malheureusement, n'exclut pas certaines dérives de leur côté, je vous l'accorde : suivant l'expression de Péguy, quand il y a une éclipse, tout le monde est à l'ombre... Mais je garde confiance : la Passion actuelle de l'Église est le signe le plus certain de sa prochaine Résurrection. V.