Deux cas sont envisagés...
Vianney -  2008-10-11 07:20:30

Deux cas sont envisagés...

...par Paul IV, celui du § 1 et celui du § 6. Pour ce dernier, vous pouvez parler (à la rigueur) d'un faux pape hérétique qui cache son jeu, mais pas pour le premier :

§ 1. Nous considérons la situation actuelle assez grave et dangereuse pour que le Pontife Romain, Vicaire de Dieu et de Notre Seigneur Jésus-Christ sur terre, revêtu de la plénitude du pouvoir sur les nations et les royaumes, juge de tous les hommes et ne pouvant être jugé par personne en ce monde, puisse toutefois être contredit s'il dévie de la Foi catholique. (...)

La contestation permise aux catholiques porte ici de toute évidence sur des enseignements publics, ce qui est confirmé par le pape Innocent III disant que, si pour ses autres péchés, il a Dieu seul pour juge, en matière d'hérésie il peut être jugé par l'Église. Et je ne vois aucune prescription de date en ce domaine, même si l'illusion est partagée par le plus grand nombre des fidèles et des prélats. Dans votre réponse à N.M., vous minimisez l'étendue de la crise arienne, mais ce n'est pas l'avis de saint Jérôme quand il écrit que presque tout l'empire se réveilla arien. Ce qui ne veut évidemment pas dire que, parmi les fidèles trompés, on ne trouvait aucun catholique sincère. C'est au contraire la caractéristique de ces périodes de confusion de rencontrer des fidèles sincères dans des camps opposés (et même des saints canonisés, comme lors du grand schisme d'Occident). Encore une fois, si de telles situations étaient impensables dans l'Église, on pourrait se demander pourquoi saint Paul a adressé par deux fois aux Galates la fameuse mise en garde « même si un ange venu du Ciel ». Et pourquoi Notre-Seigneur a posé la question : « Quand je reviendrai, y aura-t-il encore de la foi sur la terre ? » Comment, à votre avis, une telle question aurait-elle un sens si, à cette époque, les hommes épris de vérité bénéficiaient encore de l'assistance d'un Magistère vivant ? V.