Lorsque l'on parle d'unanimité morale, on parle de sanior pars.
Celle en communion avec le pontife romain : c'est en effet bien connu.Exemple : au moment de la crise arienne, la sanior pars de l'épiscopat était numériquement plutôt réduite...
C'est sans doute un peu exagéré, mais passons.Et donc nous voilà revenus au point de départ : la sanior pars est-elle cette minorité infime qui suit à la lettre les pontifes post-conciliaires considérés, comme magistère infaillible... ou bien cette autre minorité infime qui a rejeté Vatican II, au nom du magistère infaillible !
Vous sous-estimez grandement le nombre de catholiques fidèles et sérieux dans l'Église, en même en France ! Sortez un peu, allez voir dans les paroisses ! Il n'y a pas autant de monde qu'on le souhaiterait, mais comptez, et puis comparez avec le microcosme "tradi". Et ne vous cachez pas derrière des arguments spécieux et honteux du genre : "ces gens-là ne sont pas dignes d'être comptés comme catholiques sérieux", ou : "en fait ils disent adhérer à Vatican II mais ils n'ont pas compris". (J'ai entendu ce genre d'argument : un prêtre, constatant que malgré leur adhésion à Vatican II beaucoup de fidèles avaient gardé la foi [et pour cause !], en concluait qu'en fait au fond d'eux-mêmes ils avaient gardé leurs opinions antérieures au concile, et qu'ils fallait les compter au nombre des opposants silencieux à Vatican II !) Combien y a-t-il de catholiques sérieux qui adhèrent à Vatican II en sachant de quoi il s'agit ? Même en ne prenant que quelques pour cent des seuls catholiques pratiquants, cela fait encore une unanimité morale vis-à-vis de ceux qui rejettent Vatican II ! J'ai lu récemment (je ne sais plus où) que les "traditionalistes" sont estimés à 40 000 en France. Rien qu'aux invalides, nous étions 260 000, dont beaucoup de jeunes, et de jeunes couples avec enfants. En tenant compte d'une part que le phénomène "tradi" est quasiment inexistant dans la plupart des pays, d'autre part que tous les "tradis" ne sont pas non plus tous très au fait de ces questions, ce que vous appelez "minorité infime qui a rejeté Vatican II" est une goutte d'eau dans l'océan des catholiques pratiquants instruits de leur Foi qui adhèrent à Vatican II ! Au niveau de l'Église enseignante la proportion est encore plus grande, si c'est possible : combien d'évêques catholiques se sont levés contre Vatican II ? Et combien y ont adhéré ? C'est sans commune mesure.Je suis d'accord avec vous : dans l'hypothèse où un faux pape viendrait à répandre l'hérésie aux quatre vents il est en effet impossible que la sanior pars de l'Eglise enseignée y adhère.
J'en prends bonne note.