Une "Eglise enseignée infaillible" qui ne croit plus en grand chose ?
N.M. -  2008-10-10 22:50:45

Une "Eglise enseignée infaillible" qui ne croit plus en grand chose ?

Lorsque l'on parle d'unanimité morale, on parle de sanior pars. Exemple : au moment de la crise arienne, la sanior pars de l'épiscopat était numériquement plutôt réduite... J'ai sous les yeux les résultats d'une enquête réalisée en 1983 par le sociologue Jean Stoetzel, introducteur en France de la méthode des sondages d'opinion (Les Valeurs du temps présent, PUF, 1983). Il en ressort notamment ceci : - 87% des catholiques croient en l'existence de Dieu (bravo !) - 66% à l'existence de l'âme - 64% au péché - 52% à la vie après la mort - 45% au paradis - 39% à un Dieu personnel - 30% à l'Enfer - 30% au diable. (A part ça, on nous rassure : aucun risque d'arianisme chez ces braves gens. Nous voilà en effet rassurés !) Voilà donc, à vous suivre, l'Eglise enseignée infaillible in credendo ! C'est cette "Eglise enseignée"-là qui depuis une grosse quarantaine d'années maintenant n'a rien trouvé à redire à la "synaxe", à la liberté religieuse, à l'oecuménisme, et partant, à Paul VI et successeurs... Ah si ! J'oubliais... ils ont juste trouvé à redire que l'on n'aggiornamentait pas assez vite (cf. Humanae Vitae). Et là vous allez sans doute rétorquer : il faut prendre en compte non pas cette masse de catholiques égarés (du fait de qui et de quoi ?) mais ceux qui demeurent attachés au magistère de l'Eglise : la sanior pars. Où l'on découvre ainsi que l'infaillibilité de l'Eglise enseignée in credendo est en dépendance directe de l'infaillibilité de l'Eglise enseignante in docendo. Et donc nous voilà revenus au point de départ : la sanior pars est-elle cette minorité infime qui suit à la lettre les pontifes post-conciliaires considérés, comme magistère infaillible... ou bien cette autre minorité infime qui a rejeté Vatican II, au nom du magistère infaillible ! Je suis d'accord avec vous : dans l'hypothèse où un faux pape viendrait à répandre l'hérésie aux quatre vents il est en effet impossible que la sanior pars de l'Eglise enseignée y adhère. A supposer que l'hypothèse soit réalisée en la personne de Paul VI et successeurs, nous avons bien une saniors pars qui rejette la "nouvelle messe", la liberté religieuse et l'oecuménisme de Vatican II... Au passage, je voulais vous dire publiquement que je ne vous félicite pas pour la mise en cause publique de votre propre famille. L'usage d'un pseudonyme ou bien votre abstention de tout jugement à leur endroit aurait évité cela.