Distinguons, distinguons...
Abel - 2008-10-10 16:22:16
Distinguons, distinguons...
Cher Athanasios,
à mon humble avis, le traité de la sainte Trinité est, en théologie, le second dans l'ordre de difficulté – le premier étant celui qui traite de la grâce, de la liberté, de la science divine et de la prédestination. C'est dire combien il est malaisé d'évoquer ces sujets en quelques coups rapides de clavier, au milieu d'une activité fébrile.
Les trois personnes divines ne se distinguent pas substantiellement, puisque précisément elles sont consubstantielles : elles sont une seule substance, un seul être, un seul Dieu.
Chaque personne est la nature divine (unique et commune) tout entière, parfaitement et totalement possédée, sans division, sans diminution.
C'est personnellement que les personnes se distinguent, dans leur relations mutuelles, relations qui les constituent personnes incommunicables, sujets d'attribution infiniment et totalement distincts.
Le Père est celui qui engendre (son Fils) ; le Fils est celui qui est engendré (par le Père) ; le Saint-Esprit est celui qui procède (du Père et du Fils).
Autrement dit, le Père est celui qui aime son Fils, le Fils est le Bien-aimé du Père, le Saint-Esprit est l'amour mutuel et éternel du Père et du Fils.
Il y a (au moins) deux aspects profondément mystérieux dans la sainte Trinité :
– chaque personne est Dieu tout entier, et pourtant les trois personnes ne sont qu'un seul Dieu ;
– entre ces trois personnes, il y a un ordre immuable, sans qu'il y ait d'antériorité, sans différence de dignité, sans la moindre chose qui viendrait rompre ou ombrager une égalité infiniment parfaite.
L'éternité ne sera pas trop longue pour contempler ce mystère dans la lumière de gloire et l'infinie béatitude.
Abel