Question de schisme
dominique bontemps -  2008-10-10 00:19:47

Question de schisme


Ainsi, suivant Suarez, « le pape pourrait être schismatique, par exemple en tentant d'excommunier tout l'Église, ou en renversant tous les rites traditionnels ».

Mais dès lors il cesserait d'être pape... si une telle situation est possible. En effet, être schismatique c'est s'exclure de l'Église, c'est se séparer du Christ. Comment un homme séparé de l'Église et du Christ (que ce soit par le schisme ou l'hérésie) pourrait-il rester le vicaire du Christ et le Chef de l'Église ? C'est pourquoi plusieurs des théologiens qui acceptent d'envisager une telle possibilité s'efforcent alors de décrire comment l'Église devrait, dans une telle situation, constater que le pape a cessé d'être pape. Ce que en revanche je crois impossible, c'est que le pape cesse d'être pape, enseigne l'hérésie ou commette un schisme, et que l'unanimité morale de l'Église enseignante continue à le reconnaître comme son Chef, et que l'unanimité morale de l'Église continue à reconnaître en lui le vicaire du Christ et la règle prochaine de leur Foi. Dans une telle situation les fidèles chrétiens seraient trompés de bonne foi, dans leur foi ou dans leur pratique sacramentelle : cela est impossible, je le crois contraire à la Foi de l'Église, particulièrement au sujet de l'infaillibilité de l'Église in credendo. C'est pourquoi prétendre discerner dans le Concile Vatican II un enseignement contraire à la Foi, ou dans les réformes liturgiques des innovations nocives pour la Foi ou la piété, tout cela me semble porter un sérieux risque d'hérésie. Quant au schisme, il est, je le crains, malheureusement consommé au-moins dans certaines franges du "traditionalisme".