Non bien sûr ! Pourquoi soupçonner l'erreur a priori ?
dominique bontemps -  2008-10-09 19:25:06

Non bien sûr ! Pourquoi soupçonner l'erreur a priori ?


Voudriez-vous insinuer que l'arianisme a été d'actualité dans le contexte du magistère vivant ?

Non bien sûr ! Reprenez ce que j'ai écrit pour vous rassurer. (Si vous êtes certaine personne que je connais assez bien [est-ce le cas ?], laissez-moi vous rassurer : la formation que j'ai reçue était de très haute qualité, et je prie Dieu d'en être digne.) Ce que j'affirme, c'est que le dogme de la Très Sainte Trinité est désormais si bien développé et si bien intégré à l'enseignement du Magistère vivant, que tout catholique normalement attentif au-dit Magistère évite facilement le risque d'arianisme. Même si le terme technique "consubstantiel" est remplacé par "de même nature". Quel est en effet le problème ? On est en présence de deux expressions possibles : 1) "consubstantiel" : ce terme technique est très précis, mais il a le désavantage de n'être compris que par des catholiques dont la connaissance doctrinale est assez poussée ; ces mêmes catholiques qui de toutes façons ne sont pas les plus exposés au risque d'arianisme. Pour les autres, espérons que quelques uns se demandent ce qu'il signifie. 2) "de même nature" : cette expression est correcte, mais elle a le désavantage de ne pas exclure aussi clairement les erreurs d'interprétation hérétiques. En revanche, elle est dans une langue que tout le monde comprend. Elle ne fournit pas au premier abord une compréhension aussi profonde et claire du mystère (l'approfondissement doctrinal est de toutes façons nécessaire). Mais elle apporte à beaucoup plus de monde une connaissance sans erreur : l'erreur n'est pas attribuable à l'expression "de même nature" que le contexte rend sans équivoque. (Je vous renvoie à mes nombreux autres messages pour une argumentation touchant l'orthodoxie de cette formule.) Ce soucis du plus grand nombre est à rapprocher de la méthode évangélisatrice de saint Paul : "Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter" (1 Cor III, 2). Avec un tel éclairage, dire que

remplacer consubstantiel (...) par de même nature (...) mérite (...) très certainement le qualificatif plus commun de criminel

est pour le moins téméraire. Cela n'empêche pas qu'il soit tout-à-fait légitime de militer pour la terminologie sans risques "consubstantiel". Je suis en particulier heureux que vous ayez pu raffermir la Foi de Gentiloup qui était, paraît-il, menacé d'arianisme. La vérité, c'est que le Christ a établi l'Église enseignante pour nous enseigner, nous sanctifier et nous régir. C'est en particulier à elle qu'il revient de juger de l'orthodoxie et de la prudence des formules liturgiques. Pour cette charge, le Christ a promis qu'Il serait avec elle jusqu'à la consommation des siècles, et que "les portes de l'Enfer ne prévaudront pas". D'où ma conclusion : Le crime, c'est le schisme. Se séparer de Rome a été la pire des idées des "traditionalistes" en ces temps de crise, où plus que jamais il fallait se laisser éclairer et confirmer dans la Foi par Pierre. PS: excusez ce texte si long. Rassurez-vous, je ne répondrai pas de suite aux réactions que je risque de susciter : j'ai épuisé mon quota !