On pouvait soutenir que le pape ne croyait à rien, qu’il aimait à dire en privé que sa foi en Dieu datait « du jour où il avait reçu une poutre sur la tête », qu’il peuplait Rome de juifs officiellement convertis et à sa dévotion, qu’il était peut-être un « marrane » lui-même.
Au sujet de l'inconstance de Savonarole, on pourrait aussi se demander, même si les tortures furent réelles, pourquoi il s'est si complètement renié alors que son disciple frère Dominique, soumis au même traitement, n'a pas bronché. Mais, quel que soit le jugement que l'on porte sur lui, je ne crois pas effectivement que quiconque pourrait se réclamer de son exemple, car il s'appuyait sur la thèse théologique « papa hereticus depositus est » qui, si elle n'a jamais été condamnée, n'a jamais non plus été approuvée par l'Église (même la célèbre bulle Cum Ex Apostolatus de Paul IV envisage un cas très différent). V.