Enfin Savonarole, que je sache, n'avait aucune erreur doctrinale à reprocher au pape.
...À plus forte raison, s'il avait pu accuser Alexandre VI de répandre des erreurs doctrinales, Savonarole aurait été encore plus déterminé à lui refuser le titre de pape. Mais il est exact qu'il n'avait rien à reprocher à Alexandre VI sur ce plan-là.Il lui reprochait de mener une vie de débauche, ce qui n'est quand même pas la même chose. Alexandre VI n'a jamais prétendu modifier la morale pour justifier son inconduite.
Absolument d'accord, mais ce n'est pas en raison de cette inconduite que le moine affirmait qu'Alexandre VI n'était point pape (« Je vous atteste au nom de Dieu que cet Alexandre VI n’est point pape et d’aucune façon ne peut l’être ») et que l'Église était sans pasteur : c'est parce que, comme il l'écrit à l'empereur, Alexandre VI n'a plus la foi : « cet homme n'est pas chrétien, il ne croit même plus qu'il y ait un Dieu, il passe les dernières limites de l'infidélité et de l'impiété. »Un simple citation ne prouve nullement que Savonarole serait tombé dans cette erreur.
Ici, il s'agit d'un écrit de Savonarole lui-même, et non d'un de ses biographes. Jusqu'à preuve du contraire, je suis convaincu que ni Mgr Journet, ni le Père Hurtaud, n'ont commis d'erreur de traduction. Il est bien certain que l'Église n'a pas suivi le religieux dans ses conclusions : Alexandre VI a toujours été considéré par Elle comme pape. Nombreux sont pourtant ceux qui, à la suite de saint Philippe de Néri, ont vu en Savonarole un moine édifiant et un vrai réformateur. Suivant le dictionnaire de Bricout, le pape Benoît XIV, très bon théologien, le jugeait même digne d'être canonisé. V.