encore un effort Athanasios : cf. la "formule Arinze"
Luc Perrin - 2008-09-03 15:04:27
encore un effort Athanasios : cf. la "formule Arinze"
" Ma question s'adresse à Athanasios D qui prétend qu'on ne doit pas faire de distinction dans le magistère pontifical entre ce qui est infaillible et ce qui est faillible, mais qu'on doit l'accepter en totalité et inconditionnellement."
Je n'ai pas écrit cela. Je ne vous reproche pas vos distinctions, mais que vous en fassiez la mesure dominante de tous les problèmes d'autorité. Ce n'est pas l'attitude que doit adopter le catholique. D'autre part, vous n'avez pas compétences ni autorité pour opérer ces distinctions, et encore moins pour affirmer qu'elles puissent permettre de rejeter tel enseignement comme étant en contradiction frontale avec le magistère antérieur. "
Les problèmes d'autorité ont différentes composantes : bon, là unanimité. Pour ma part, j'examinerais plutôt selon chaque cas : si pour tel cas, le problème est bien la distinction ci-dessus, force est de ne pas l'escamoter et bien de l'affronter. Et il me semble qu'après après reconnu la proposition principale, bien obligé, "je ne vous reproche pas vos distinctions" -, vous multipliez les escamotages pour ne pas affronter le problème posé :
- escamotage n°1 : "ce n'est pas l'attitude que doit adopter le catholique" : ah bon ? et pourquoi donc ?
- escamotage n°2 : "vous n'avez pas compétence ni autorité" ah bon, pas compétence ? le canon 212 fait un devoir d'alerter l'autorité à ceux des baptisés qui ont une "compétence" spéciale mais tout baptisé peut, ce n'est pas un devoir, saisir la hiérarchie. Le baptême, apparemment, est la seule "autorité" requise pour faire cette démarche. [je renvoie au CIC de 1983 : dans les accords de Campos, un renvoi était fait à ce canon explicitement]
- escamotage n°3 : comme dirait Mgr Fellay "shut up".
Au final, on retrouve la formule Athanasios imperturbable : "circulez il n'y a rien à voir" ou "obéissez perinde ac cadaver" ; "pourquoi ? "parce que". La concession d'entrée est ainsi purement rhétorique et ne débouche que sur "silence dans les rangs".
Maintenant il demeure que, au nom de l'Autorité du pape (Paul VI), il a été interdit de célébrer une Forme extraordinaire que l'Autorité du pape - de deux autres papes Jean-Paul II puis Benoît XVI - a déclaré d'abord permise sous condition puis "jamais abrogée" et toujours légitime. Sans explication à ce jour des virevoltes depuis 1974.
Il faut bien qu'une distinction soit établie, ou alors qu'on donne une autre explication.
Dans le motu proprio de 1988, Jean-Paul II reconnaissait, de façon atténuée, un malaise pour certains points de doctrine et appelait l'Eglise à approfondir ces questions.
La lettre du 17 octobre 2006 du cardinal Arinze dénonce et réprouve des formules dont, au préalable, elle réaffirme la validité formelle. A cet égard, la "formule Arinze" à propos des traductions de la Forme ordinaire s'approche, par analogie, de très près de la position de la FSSPX à l'égard de ladite Forme en latin.
Lex orandi, lex credendi : depuis 40 ans plusieurs formules couramment usitées dans les Formes ordinaires vernaculaires peuvent générer des problèmes pour la Foi. Pourtant, elles ont été dûment approuvées tant par le magistère épiscopal que par le Magistère romain. Le Cardinal établit bien une distinction : et encore ne s'agit-il que de la Forme ordinaire.
L'art de la distinction est donc bel et bien essentiel ; avant d'être assumé par le Magistère romain, une myriade de baptisé(e)s a hurlé et dénoncé, en dépit des "shut up", "circulez il n'y a rien à voir", "vous n'êtes pas compétent", "vous n'avez rien à dire" etc. voire des sanctions disciplinaires, que des centaines d'Athanasios, des milliers plutôt, n'ont cessé de répéter comme seul argument. La lettre du cardinal Arinze donne raison aux rouspéteurs et pourrait inciter les autres à quelque repentance, même modeste.
Bien évidemment, entre le "shut up" athanasien et la licence - je ne dis pas liberté - de ruiner le Magistère par un usage abusif des distinctions [bien des théologiens catholiques libéraux ou néo-modernistes y ont recours], il y a la voie délicate de la juste opinion dans l'Eglise. Pas facile d'éviter les 2 travers, de tracer un passage entre Charybde et Scylla, sur ce plan je comprends les craintes d'Athanasios.