Oui, c'est confirmé par plusieurs auteurs récents
Vianney -  2008-09-02 23:21:32

Oui, c'est confirmé par plusieurs auteurs récents

...entre autres Mgr Charles Journet (Dernière méditation sur Savonarole, DDB 1961, p. 121) et Christian Loubet (Savonarole prophète assassiné ? Centurion 1967, p. 21). Dans le tome Ier de L'Église du Verbe Incarné (p. 627), Journet cite une étude parue sous le pontificat de Léon XIII :

Dans une étude de la Revue thomiste, 1900, p. 631, Lettre de Savonarole aux princes chrétiens pour la réunion d’un concile, le P. Hurtaud o.p. a plaidé avec profondeur la cause toujours ouverte des Piagnoni. Il se réfère à l’explication des théologiens romains antérieurs à Cajetan, suivant laquelle un pape tombé dans l’hérésie serait du fait même déposé : le concile n’aurait qu’à constater le fait d’hérésie et à signifier à 1’Eglise que celui qui fut pape est déchu de la primauté. Savonarole, dit-il, regardait Alexandre VI comme ayant perdu la foi : « ... Je vous atteste au nom de Dieu que cet Alexandre VI n’est point pape et d’aucune façon ne peut l’être. Car, outre le crime exécrable de simonie, par lequel il a dérobé la tiare par un marché sacrilège, et par lequel chaque jour il met aux enchères et confère aux plus offrants les bénéfices ecclésiastiques, outre ses autres vices connus de tous, que je passerai sous silence, voici ce que je déclare en premier lieu, ce que j’affirme en toute certitude, cet homme n’est pas chrétien, il ne croit même plus qu’il y a un Dieu, il passe les dernières limites de l’infidélité et de l’impiété. » Appuyé sur les autorités doctrinales invoquées par les théologiens romains, Savonarole voulait réunir le concile, non pas qu’il mît, avec les gallicans, le concile au-dessus du pape — en doctrine et en droit les Lettres aux Princes sont inattaquables — mais pour que le concile, devant lequel il prouverait son accusation, déclarât l’hérésie d’Alexandre VI en tant que personne privée. « Les actes de Savonarole, conclut le P. Hurtaud, ses paroles — et la plupart de ses paroles sont des actes — demandent à être examinés en détail. Il faut peser chacun de ses mots, n’omettre aucune circonstance de ses actions. Car ce Frate est un maître de la doctrine. Non seulement il la sait, mais encore il en vit. Rien, dans sa conduite, n’est laissé au hasard ou au caprice de l’heure. Comme mobile de chacune de ses déterminations, il y a un principe de théologie ou de droit. Ne le jugez point par des lois générales, il ne se dirige que par des principes exceptionnels. Par où nous n’entendons point dire qu’il se mette en dehors ou au-dessus du droit commun. Non. Les règles dont il se réclame sont admises des meilleurs docteurs catholiques ; elles n’ont d’exceptionnel que les circonstances et les faits qu’elles commandent en droit — et qui les conditionnent dans leur application. »

Christian Loubet (op. cit. p. 25) cite aussi saint Philippe de Néri : « En vain les adversaires critiquent Jérôme et sa doctrine : elle reste intacte ; confirmée par le jugement de notre Seigneur Très Saint et de l'Église ».