Qu'elle signe, tous le lui disent !
Ennemond - 2008-09-02 22:22:37
Qu'elle signe, tous le lui disent !
Voyez, sur le parvis de Saint-Ouen à Rouen, le pouvoir judiciaire a dressé là ses stalles. Les greffiers prennent note. Les soldats tiennent bien droit leurs halebardes. Jeanne est là, tremblante. Elle tient péniblement la plume. Elle hésite. Que doit-elle faire ? Que lui indiquent ses voix qui ne viennent plus aussi souvent lui parler ? Qu'est-ce que Dieu veut d'elle ?
Les femmes si sentimentales de Rouen, agripées aux barrières et émues par tant d'innoncence et de sainteté hurlent ! Elles aiment Jeanne et réagissent selon leur coeur mais pas selon leur raison : Jeanne, signe ! vite, signe très vite ! Il faut signer !
Jeanne, relevant ses yeux vers les femmes de Rouen, pleine de bonne volonté et pleine de compassion comme leurs mères dans la Foi, venues soutenir le Christ partant au Calvaire, finit par signer. Elle se rétracte par la suite, manifestant le fait que ses interlocuteurs n'avaient pas donné les gages de confiance et qu'ils n'avaient pas tenu parole. Qu'à cela ne tienne. L'argument est déjà tout trouvé. Jeanne fut condamnée. Elle fut affublée de tous les mots, conduite vers le bourreau. Officiellement, elle meurt en discorde avec l'Eglise. Elle monte vers l'autel du sacrifice, la tête coiffée d'un couvre-chef où les mots sont plus des insultes que des réalités : "relapse, hérétique, excommuniée". Elle accomplit la mission qu'on lui avait confiée. Qu'importe ce que penseront immédiatement les hommes. Une sainte est née au royaume de Dieu.
Etrangement, l'histoire semble repasser les plats...