John DALY - 2008-08-12 19:41:26
Je cherche...
Cher Vianney,
Dans les controverses avec les anglicans cet argument est devenu depuis longtemps un lieu commun.
De braves gens, élevés en dehors de la communion visible de l'Église, qui peuvent être de bonne foi dans leurs erreurs et vivre dans l'état de grâce (Pie IX Quanto conficiamur) étant invisiblement liés à l'Église (lettre du Saint Office à l'archevêque de Boston 1949), ont du mal à accepter le jugement formel du magistère catholique que la "Church of England" n'a pas de prêtrise valide et donc n'a pas d'eucharistie valide. Ils objectent que les sentiments de dévotion, les lumières et les secours mesurables dans le combat spirituel, etc, qu'ils croient obtenir par leurs "comunions" depuis des années, constituent une preuve de la validité d'icelles.
La réponse catholique habituelle, dans d'innombrables livres d'apologétique, distingue entre les effets sacramentaux obtenus ex opere operato, qui sont nécessairement absents si le sacrement est nul, et les effets surnaturels de la dévotion privée du sujet, obtenus ex opere operantis. De même que celui qui erre de bonne foi et possède les vertus théologiques peut par ses dévotions privées obtenir des lumières, des grâces, des consolations sensibles d'origine réellement divines...il est impossible d'exclure que cela arrive au moment même où il croit (à tort) recevoir l'eucharistie. Mais en ce cas ce ne serait nullement une preuve de la validité du sacrement.
Tout cela, j'ai l'impression de l'avoir si souvent lu que je n'ai plus la moindre idée où chercher une source précise pour l'étayer ! J'ai une petite idée que la lettre de la hiérarchie anglo-galloise en défense d'Apostolicæ Curæ en parle, mais je n'arrive pas à mettre la main sur mon exemplaire.
Je continue donc de chercher, tout en espérant que ces explications un peu plus détaillées suffisent pour montrer qu'il n'y a rien d'étonnant dans l'idée que j'ai exprimée.
Bien à vous in Dño et Dnã,
John
PS On devrait peut-être préciser aussi qu'il est parfaitement possible de se tromper sur la nature et les origines des consolations qui accompagnent une communion. La possibilités qu'il s'agit de réelles grâces ex opere operantis est contre-balancée par la possibilité qu'il s'agit tout simplement de sentiments naturels, voire en certains cas d'illusions diaboliques. C'est bien possible, mais ce n'est probablement pas l'explication de tout le phénomène et ce n'est pas l'argument de choix pour convaincre un protestant...