alerte ...un anti-pecciste primaire
Luc Perrin - 2008-07-31 20:03:07
alerte ...un anti-pecciste primaire
Je sonne le ralliement de tous les peccistes inconditionnels comme moi.
Rerum novarum, en dépit de l'incipit, n'a rien d'une "innovation" quant au fond. C'est un exemple parfait de Tradition vivante, car l'Eglise de Léon XIII doit bien s'adresser à la société industrielle et urbaine, au capitalisme libéral donc sauvage, à savoir la société de son temps. Cette économie et cette société n'existant pas au XII ou au XVe ou chez les Pères de l'Eglise, force est au Magistère de répondre aux nouvelles questions quand elles se posent. Mais comme au haut Moyen Age, déjà, on s'attaquait à l'usure vorace et on traitait de la question de la propriété des biens pour les Franciscains. L'innovation s'inscrit dans la Tradition, c'est le principe-même de la Tradition vivante et de l'activité magistérielle.
Quant à dénier à Léon XIII, de regrettée mémoire, d'avoir jouer un rôle majeur dans la relance des études thomistes, alors là elle est bien bonne ! Ouvrez un manuel d'histoire de l'Eglise basique avant de proférer de telles contre-vérités.
"Chercher la conciliation entre la science et la foi ne passait-il pas par un retour au thomisme (...). Elle [Dei filius] préparait le terrain à la réintroduction officielle (1879, encyclique Aeterni Patris) d'un enseignement rigoureux, riche de promesses" G. Cholvy, Être chrétien en France au XIXe siècle, Seuil, 1997, p.151-152.
Avec en prime, cet admirable n°57 de l'encyclique Fides et ratio (1998) où Jean-Paul II loue l'oeuvre de relance du thomisme inspirée par Léon XIII. Goûtons en les termes choisis :
"57. En tout cas, le Magistère ne s'est pas limité seulement à relever les erreurs et les déviations des doctrines philosophiques. Avec une égale attention, il a voulu réaffirmer les principes fondamentaux pour un renouveau authentique de la pensée philosophique, indiquant aussi les voies concrètes à suivre. En ce sens, par son encyclique Æterni Patris, le Pape Léon XIII a accompli un pas d'une réelle portée historique pour la vie de l'Eglise. Jusqu'à ce jour, ce texte a été l'unique document pontifical de ce niveau consacré entièrement à la philosophie. Ce grand Pontife a repris et développé l'enseignement du Concile Vatican I sur les rapports entre la foi et la raison, montrant que la pensée philosophique est une contribution fondamentale pour la foi et pour la science théologique.(78) A plus d'un siècle de distance, de nombreux éléments contenus dans ce texte n'ont rien perdu de leur intérêt du point de vue tant pratique que pédagogique; le premier entre tous est relatif à l'incomparable valeur de la philosophie de saint Thomas. Proposer à nouveau la pensée du Docteur angélique apparaissait au Pape Léon XIII comme la meilleure voie pour retrouver un usage de la philosophie conforme aux exigences de la foi. Saint Thomas, écrivait-il, « au moment même où, comme il convient, il distingue parfaitement la foi de la raison, les unit toutes deux par des liens d'amitié réciproque: il conserve à chacune ses droits propres et en sauvegarde la dignité ».(79)"
Après cela, il ne reste plus aux anti-peccistes de tout acabit que de réciter quelques dizaines en implorant Notre-Dame de La Salette de retenir encore le bras de son Fils, avant qu'il ne s'abatte sur leurs têtes dures. Et de faire amende honorable.
Un pecciste primaire