Tardivel - 2008-07-31 17:47:27
Le problème...
C'est qu'on peut toujours distinguer ce qui nous plaît plus et ce qui nous plaît moins chez n'importe quel pape.
Léon XIII: les tradis n'aiment pas qu'il ait poussé les monarchistes français à accepter la République? Mais en revanche, son encyclique Rerum Novarum, en inaugurant l'enseignement moderne de la doctrine sociale de l'Église, s'inscrivait dans la foulée d'un mouvement auquel les monarchistes français, entre autres, avaient contribué de longue date, notamment par René de La Tour du Pin, penseur social de l'Action française et compagnon de Maurras. Et Léon XIII est aussi le pape qui a vigoureusement poussé au renouveau du thomisme et probablement le plus grand responsable de la diffusion de la dévotion au Rosaire dans toute la chrétienté, sujet dont il a parlé et reparlé à de très nombreuses reprises... Et tout en encourageant le Ralliement, il est en même temps l'auteur de de textes renouvelant la condamnation de la franc-maçonnerie! Alors?
On pourrait continuer avec chaque pape. Pie XI a condamné l'Action française, mais il a béni Franco. Il a laissé tomber les catholiques mexicains en rébellion contre un pouvoir anti-clérical, mais il est aussi l'auteur de la grande encyclique sur le Christ-Roi.
Tout était clair avant Vatican II?? Ce n'était pas le cas pour beaucoup de monde... Il faudrait aussi parler de l'impact pastoral de Casti Connubii, qui en obligeant les confesseurs à cesser de pratiquer la discrétion sur l'onanisme conjugal qui avait été courante jusque là dans la pratique du sacrement de Pénitence (sous l'influence de la morale de saint Alphonse de Liguori), a poussé nombre d'époux de bonne foi dans un dilemme qui aboutira ultimement au rejet d'Humanae Vitae. Beaucoup de catholiques à cette époque sont ainsi poussés à se sentir repoussés en marge de l'Église malgré leur bonne volonté. (Je ne suis pas en train de critiquer la doctrine de l'Église. Je dis que le doute a toujours existé chez les fidèles.)