le B-A-BA de la critique impose de reconnaître, du moins à toute personne de bonne foi, que l'interprète le plus autorisé d'un texte n'est autre que l'auteur même de ce texte.
Ais-je jamais prétendu le contraire ? J'ai seulement affirmé que ceci n'avait aucune importance, puisque l'infaillibilité n'a été défini que pour le texte lui-même et jamais pour l'interprétation la plus autorisée de ce même texte.Or les auteurs mêmes de ce texte nous affirment que le magistère ordinaire et universel est celui qui s'exerce chaque jour par les évêques et le pape, et qu'il est infaillible chaque fois qu'il atteste qu'une proposition est fondée sur la Révélation.
Le seul problème de cette affirmation est qu'elle ne figure pas dans le texte tel qu'il a été approuvé et promulgué par l'autorité pontificale y engageant son infaillibilité. Et je maintiens que le fait de prétendre accorder la même foi aux deux sous prétexte qu'ils ont les mêmes auteurs (ce qui reste à prouver car cette interprétation n'ayant pas été soumise au vote des pères, il peut n'y en avoir qu'une minorité à l'approuver) est un sophisme qui fait fi de la divinité de l'Église, puisque le texte du concile a été approuvé et promulgué par le pape qui y a engagé son infaillibilité, ce qui n'est pas le cas de son interprétation la plus autorisée, comme vous dites. Quant à l'accord des théologiens, il est loin (très loin) d'être unanime. Je vous ai cité les contre exemples de Dublanchy, Vacant, le cardinal Billot et même le bienheureux Pie IX, ce n'est quand même pas rien. Et le témoignage de Pie XII que vous invoquez à présent n'est qu'un nouveau sophisme de plus. Bien sûr qu'avant de prendre sa décision concernant l'assomption, Pie XII a demandé leur avis aux évêques et que ceux-ci dans leur très grande majorité (et même quasi unanimité) se sont déclarés favorables à ce dogme. Pourtant, lorsque plus tard, le même Pie XII promulgue le dogme de l'assomption, il n'invoque plus cet accord unanime. Il le promulgue seulement"par l'autorité de Jésus-Christ, des apôtres Pierre et Paul et de la Nôtre"
Il n'invoque pas l'autorité de l'ensemble des évêques unis au pape. Ils n'ont été que consultés. Nous sommes pourtant après Vatican I. Mais Pie XII n'a apparament pas la même conception du MOU que vous. Et un siècle plus tôt, Pie XI a procédé de même pour promulguer l'immaculée conception.