Toujours hallucinant
N.M. -  2008-04-08 17:40:17

Toujours hallucinant

Mon cher Ion, vous me voyez navré de vous faire de la peine, mais ce que vous nous racontez est toujours et encore "hallucinant", pour reprendre l'exclamation bien sentie d'Une Âme. A mon tour de vous appeler à nouveau à lire correctement la condamnation doctrinale de 1864. La proposition condamnée est bien : le meilleur régime est le régime de non coaction. Qu'est-ce à dire ? Est visée non pas la seule non-coaction à l'encontre de ceux qui violent ou portent atteinte à la "loi catholique" (et non pas la "non-coaction vis-à-vis de la loi catholique" ainsi que vous l'écrivez trop rapidement et par erreur, vous contredisant vous-même !), mais bien ceux qui ne professent pas publiquement la foi catholique, cette non-profession portant objectivement atteinte à la foi catholique. (Et c'est bien ce qui ressort de la condamnation de Montalembert ; mais cela vous ne voulez pas l'examiner.) Que se passe-t-il lorsque les cultes acatholiques bénéficient, de par la puissance publique, des mêmes droits que la religion catholique ? La manifestation publique des fausses religions et leur propagande menacent objectivement la foi des catholiques. Il est donc en principe nécessaire, dans la mesure où la chose est possible, que la puissance publique fasse du catholicisme la religion de l'Etat. Et de surcroît il est alors dans la finalité de l'Etat catholique non seulement de garantir la liberté de l'Eglise catholique, mais de garantir également, si cela est possible, l'immunité contre la manifestation publique de l'erreur préjudiciable au salut éternel des catholiques, mais également des acatholiques qui se trouvent ce faisant confortés dans l'erreur. En clair : les fausses religions doivent être relayées au for externe privé. Telle fut la pratique de l'Eglise et des princes chrétiens, dès l'empereur Théodose (pas de liberté religieuse pour les fils spirituels de Julien l'Apostat). Voilà ce que l'Eglise a attesté comme étant le meilleur régime dans l'absolu, tout en reconnaissant qu'il est en telle et telle situation concrète nécessaire de pratiquer la non-coaction à l'endroit des cultes acatholiques (et en faisant d'ailleurs des choix : on tolère ici ou là le judaïsme mais pas le protestantisme, par exemple). Et voilà pourquoi la proposition selon laquelle le régime de non-coaction est le meilleur régime a été condamnée ex cathedra par le pape Pie IX. Telle est cependant la pratique et les principes que ledit Concile Vatican II a objectivement récusés comme contraires à la Révélation en proclamant que le régime de non-coaction pour tous et chacun des cultes (la vraie religion comme les sectes de perdition que sont les fausses religions) était le seul régime possible. L'Espagne gagnée à l'opusdeisme à l'époque de la phase finale du franquisme en a changé sa Constitution dès 1967 ! Même chose en Colombie. Voilà comment les Etats encore catholiques tant du point de vue institutionnel que du point de vue de la population ont été poussés à renier le règne du Christ et à accorder la liberté à la manifestation publique des "sectes de perdition". Cela a été accordé non pas en raison d'une nécessité inhérente à un changement de situation dans le paysage religieux des pays respectifs (pas de poussée du protestantisme en Espagne en 1967 !), mais par principe : ce principe, énoncé à Vatican II, est faux et a conduit à l'apostasie des nations.