Demain : Décret « Non licet prohibere » sur le Motu Proprio SP.
Paterculus - 2008-04-01 00:02:44
Demain : Décret « Non licet prohibere » sur le Motu Proprio SP.
LE GLAS DE LA THEOLOGIE PROHIBITIONISTE.
Les journalistes accrédités auprès de la salle de presse du Vatican ont été avertis que demain à quinze heures leur sera présenté le décret « Non licet prohibere » sur l’application du Motu Proprio « Summorum Pontificum ». On se souvient en effet que ce Motu Proprio paru en juillet dernier et entré en vigueur en septembre a rencontré quelques problèmes dans la pratique. En effet « Summorum Pontificum » affirme que c’est au curé de décider s’il y a lieu de satisfaire la demande des fidèles attachés aux livres liturgiques en vigueur en 1962 (donc avant la réforme issue du Concile Vatican II – NDLR). Or de nombreux évêques ont rappelé que ce même Concile fait d’eux les maîtres de la liturgie dans leur diocèse et exigent que les curés obtiennent leur aval pour satisfaire les demandes des traditionalistes.
Des indiscrétions de source autorisée (autorisée à être indiscrète ? –NDLR) permettent au quotidien romain du soir « La Pasta » d’affirmer qu’on semble accorder tout aux uns pour faire accepter qu’on accorde tout aux autres. C’est d’ailleurs, précise ce journal à très fort tirage sous la plume de Camillo Prosciuto, ce que semble bien indiquer le titre de ce décret. (Non licet prohibere signifie en effet « il n’est pas permis d’interdire » - c’est évident pour des lecteurs sur les berges du Tibre, cela l’est moins pour ceux des quais de la Seine – NDLR).
Quoi qu’il en soit, ce décret fera date dans l’histoire de la liturgie catholique. Car d’après les renseignements obtenus par notre envoyé spécial Lanver Percessaque, le premier argument est qu’il n’est pas permis d’interdire l’accès aux sacrements aux fidèles attachés au missel promulgué par le Pape Jean Paul II en 1962, dit missel « Tridentin » ou encore « extraordinaire », selon la terminologie employée depuis la parution de Summorum Pontificum.
Jusque là, rien de particulier, si ce n’est la suite logique de ce qui est affirmé par le Motu Proprio de 2007. Mais l’originalité du document à paraître demain est qu’il va très loin dans les conséquences de l’argument initial « il n’est pas permis d’interdire », comme si l’opposition à Summorum Pontificum avait manifesté l’impossibilité de faire passer ce texte dans la pratique sans donner des gages à l’aile marchante de l’Eglise postconciliaire.
Ainsi, croit savoir notre envoyé spécial, il ne serait notamment pas permis d’interdire :
- La messe où le prêtre porte une chasuble (les traditionalistes s’en réjouiront – NDLR) mais aussi la messe sans aube (on se demande où ce progrès va s’arrêter – NDLR) ;
- L’utilisation de froment pour la fabrication des hosties (c’est parfaitement conservateur – NDLR) mais aussi de manioc en Afrique, ou de riz en Asie ; pour le riz, cela s’applique aussi en France, à condition que ce soit du riz de Camargue (inculturation oblige – NDLR) et pour la boisson on pourra indifféremment se servir de vin de palme, de saké, de maté, et d’autres liquides indigènes comme le vin de la vigne là où on la cultive ;
- L’emploi du latin ou de l’espéranto, des langues vernaculaires, du verlan et du guygilbertien, avec une restriction de taille tout de même, à savoir que les traductions doivent être agrées par la communauté qui les utilise ;
- la prédication durant la liturgie catholique de pasteurs, popes, talapoins, immams et mamamouchis ou de tout ministre ordonné ou non, du moment qu'il n'est pas membre de la fraternité Saint Pie X (on s'étonne de trouver cet élément de pur conservatisme dans un texte par ailleurs tellement avant-gardiste - NDLR) ;
- l’emploi de matériaux modernes comme la terre cuite pour la confection des vases sacrés, au moins dans les pays où les progrès techniques permettent à tous de comprendre la spiritualité dite de l’incarnation du futur.
Les nécessités du bouclage de cette édition ne nous permettent pas d’énumérer tous les articles d’une liste au demeurant fort longue, mais sur la base de ce que nous en rapportons chacun peut se faire une idée du caractère véritablement prophétique et résolument œcuménique de cette approche.
Contacté au téléphone dans la sacristie de la Cathédrale Saint Sauveur, à l’issue de la messe de l’Annonciation, le président de la Commission Episcopale Pour La Liturgie De La Conférence Des Evêques De France (CEPLLDLCDEDF – NDLR) a fièrement déclaré : « Désormais plus personne ne pourra contester mon affirmation qu’il n’y a pas d’abus liturgique en France ! »
Par Jo Aseptimas et Ma Dalton.