Toutes mes excuses
jl d'André -  2008-03-05 20:45:49

Toutes mes excuses

Pour le procès d'intention. N'en retenez que le fond. Pour l'infaillibilité de Quanta Cura, je vous renvoie aux excellentes réponses de N.M. et John DALY.

en déduire que l'on pourrait jeter tout Vatican II aux poubelles

Non il n'est pas question d'en déduire cela, comme tous les actes du magistère non couverts par l'infaillibilité ex cathedra, ils peuvent être infaillibles s'ils rejoignent l'enseignement antérieur de l'Église, ce qui n'est manifestemment pas le cas de Dignitatis Humanae.

Voilà qui est sage et qui, soit dit en passant, réduit pratiquement à néant la portée pratique de la règle en question pour notre temps.

Pas tout à fait. N'oublions pas qu'il restait encore quelques États catholiques (Colombie, Espagne, Valais suisse, etc.) et qu'ils ont été sommés par la diplomatie vaticane en application de Dignitatis Humanae de modifier leur constitution afin de devenir des États laïcs. Mais même là où, comme en France, cela ne changerait pratiquement rien, c'est une question de principe. Il y a un droit de l'Église qu'elle tient de Dieu et qu'elle n'a pas le droit d'abdiquer, mais qu'elle doit réaffirmer jusqu'au martyre à la face du monde, à temps et à contre temps (c'est à dire même lorsque cela ne changerait apparemment rien). Récemment, Simone Veil a raconté comment elle avait négocié avec les évêques de France pour faire passer sa loi sur l'avortement. Ceux-ci lui ont dit qu'ils ne s'opposeraient pas à sa loi si l'objection de conscience y était garantie pour les médecins et professionnels de santé. C'est une application directe de la nouvelle doctrine conciliaire (simplement transposé du domaine religieux dans le domaine moral) : "Je suis contre l'avortement, mais je ne vois pas au nom de quoi, je me permettrai d'imposer mes conviction à ceux qui sont pour. Je peux seulement exiger qu'on ne me force pas à y participer."

faudrait-il s'abstenir de réprimer uniquement en raison du risque de troubles, parce que le contexte n'est pas actuellement favorable ? En songeant qu'ils ne perdent rien pour attendre ? Cela ne me paraît pas très catholique

C'est au contraire on ne peut plus catholique : toute manifestation extérieure publique des fausse religions est objectivement un mal qui doit être combattu. Dans les circonstances actuelles la répression de ce mal serait un mal encore plus grand. Il doit donc être toléré, mais cette tolérance n'est pas un droit et c'est là toute la différence. Seule la vraie religion a des droits.