La position de la Fsspx DOIT rester inconfortable.
Une Ame -  2008-02-12 21:22:59

La position de la Fsspx DOIT rester inconfortable.

La FSSPX se place dans une position où, tout en reconnaissant l’autorité du pape actuel (et de ceux qui l’ont précédé), elle résiste cependant sur de nombreux points, et cautionne certaines désobéissances tout en refusant de faire schisme. Au-delà des aspects théologiques de la question et des difficultés qu’elle pose, une telle position ne me semble tenable sur le plan de la pratique quotidienne que si l’on s’attache toujours, dans un véritable amour de l’Eglise, à obéir à ladite Eglise. Non pas une obéissance aveugle aux hommes d’Eglise, comme le voudraient certains, mais une obéissance filiale à l’Eglise. Comme le dit Saint Thomas, il y a trois sortes d’obéissance : « l’une, suffisante au salut, obéit en tout ce qui est d’obligation; la seconde, parfaite, obéit en tout ce qui est permis; la troisième, excessive, obéit même en ce qui est défendu. ». Ce qui est défendu, c’est s’écarter de la doctrine orthodoxe véhiculée par des siècles de Tradition. Ce qui est d’obligation, c’est de croire en l’indéfectibilité de l’Eglise et en l’assistance divine auprès d’un pape que l’on reconnaît pape. Au milieu, quelle attitude pratique avoir ? Il me semble que l’attitude consistant à scruter perpétuellement les actes de l’Eglise à la recherche des différents points d’achoppement est mauvaise, tout au moins lorsque c’est fait dans le but de nous conforter dans notre position en marge de l’Eglise. Cette position doit être perpétuellement regrettée, elle doit rester douloureuse. « Souvenez-vous toujours que vous n’êtes pas l’Eglise ». J’y reviendrai. Une autre mauvaise attitude serait de s’appuyer perpétuellement sur la méfiance issue de quelques décennies de rejet en marge de l’Eglise pour faire des procès d’intention à Rome. Si nous, nous ne guettons pas les signes positifs qui nous conduiront vers la fin de la crise que nous déplorons, et si chaque signe positif ou plus ou moins positif de Rome, nous l’ignorons superbement au nom des persécutions passées, voire nous le rejetons comme une manœuvre diabolique et machiavélique visant à nous « rallier » de force sans conditions, à nous berner, alors jamais nous n’en sortirons. Prudence n’est pas synonyme d’obstruction. La bonne attitude est, à mon sens : - de ne rien céder sur le domaine de la doctrine - d’observer, pour employer une expression souvent employée de façon impropre, les « signes des temps » : recevoir avec reconnaissance et joie les signes positifs que nous envoie Rome. Etre prêt à sentir le vent tourner le jour où il tournera. - de ne pas oublier que l’Eglise est divinement assistée, et que les enseignements du pape sont divinement assistés, voire, dans certaines conditions, infaillibles. - et enfin, et seulement en fin et compte-tenu des points précédents, de déplorer les signes négatifs s’il y en a. Mais une critique prudente, constructive, et emprunte de charité et de piété filiale. La forme que prend la critique ici-même dans ce forum est souvent condamnable, voire outrageante. A mon sens de nombreuses critiques formulées ici tombent sous le coup du droit canon, y compris l’ancien (canon 2344 ci-après en annexe) . Cela n’exclut pas la désobéissance, comme le montre St Paul (Gal 2,11 : « je lui [Cephas = Pierre] résistai en face parce qu’il était digne de blâme …/… ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Evangile». Voir commentaire de St Thomas plus bas en annexe) mais, tout le monde n’étant pas St Paul, il convient d’user de la plus grande prudence. - de prier toujours. La position est sans nul doute celle d’un équilibriste : d’un côté ne pas céder aux courants dévastateurs qui ravagent l’Eglise, de l’autre faire attention à ne pas verser dans le schisme en s’installant dans le confort de la situation actuelle en marge de l’Eglise, en fonctionnant en vase clos, et en radicalisant toujours plus la position (confort certes relatif : cf Amiens, cf certaines régions désertifiées en matière de sacrements ; mais confort tentant lorsqu’on a la chance de disposer des sacrements traditionnels pas trop loin de chez soi). Nous devons subir notre mise en marge de l’Eglise, et non pas la provoquer. Les temps ne sont pas encore venus pour un « ralliement », les fossés creusés sont loin d’être comblés, notamment du côté théologique et doctrinal. Mais il y a suffisamment de gens qui veillent à les creuser toujours plus, gardons-nous d’en faire partie ; et même aidons ceux qui travaillent à les combler. Il ne s’agit pas ici de céder sur le plan théologique et doctrinal ou de faire comme si le fossé n’existait pas, nous sommes bien d’accord ; il s’agit de mener honnêtement et filialement le dialogue doctrinal que souhaite la FSSPX.

Vous n'êtes pas l'Eglise. Vous ne serez jamais l'Eglise. L'Eglise elle est à Rome et vous devrez retourner à Rome dés que Rome montrera un sentiment favorable envers vous.

. On sait la douleur profonde que ressentait l’auteur de cette phrase lorsqu’il la prononça. On sait également ce qu’il entendait par « un sentiment favorable » : les conditions de ce retour sont importantes et sans doute pas encore réunies. Mais la douleur, elle, doit être constamment présente à nos esprits. Interrogeons-nous de temps en temps : ressentons-nous nous-mêmes cette douleur ? Comme dirait l’autre, c’est mon avis de fidèle de la FSSPX, et je le partage. En tout cas il n’engage que moi. Bien à vous Une Ame ANNEXES

CIC 1917 – Canon 2344 Celui qui, directement ou indirectement aura couvert d’injures le Souverain pontife, un cardinal, un légat du pape, les SS. Congrégations romaines, les tribunaux du Siège apostolique et leurs officiers majeurs, ou son propre Ordinaire, en public, dans les journaux, discours ou libelles, et celui qui excite des préventions ou des haines contre les actes, décrets, décisions, sentences des mêmes personnes, doit être contraint par l’Ordinaire, non seulement à la demande de la personne offensée mais même d’office, fût-ce au moyen de censures, à donner la satisfaction voulue, et être frappé d’autres peines ou pénitences convenables, proportionnellement à la gravité de la faute et à la réparation du scandale.


Commentaire de St Thomas d’Aquin sur Gal 2,11-14 11. Or Céphas étant venu à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il était répréhensible. 12. Car avant que quelques-uns qui venaient de la part de .Jacques fussent arrivés, il mangeait avec les Gentils, mais après leur arrivée, il se retira et se sépara d’avec les Gentils, craignant de blesser les circoncis. 13 Les autres Juifs usèrent comme lui de cette dissimulation, et Barnabé même s’y laissa aussi entraîner. 14. Mais quand je vis qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Evangile, je dis à Céphas devant tout le monde: Si vous qui êtes Juif, vivez à la manière des Gentils, et non pas à celle des Juifs, pourquoi contraignez-vous les Gentils de judaïser ? Dans ce qui précède, S. Paul a établi qu’il n’a personnellement retiré aucune utilité de la conférence qu’il a eue avec les apôtres nommés plus haut, il établit ici qu’il a été lui-même utile aux autres. I° Il fait voir comment il a été utile à l’apôtre Pierre en le reprenant; II° il explique ce qu’il a dit (verset 12): "Car avant que quelques Juifs, venus de la part de Jacques, etc." I° Il dit donc: véritablement ils ne m’ont rien donné; ils ont plutôt reçu de moi, et Pierre en particulier. Car (verset 11): "cet apôtre étant venu à Antioche, " où il y avait une Eglise formée des Gentils, "je lui résistai en face, " c’est-à-dire, devant tous (Eccli., IV, 27): "Ne respectez pas le prochain dans sa chute, et ne retenez point votre parole, lorsqu’elle peut être salutaire". Ou bien encore, "en face, " c’est-à-dire, non pas en secret, comme fait celui qui médit et qui craint, mais publiquement et comme son égal (Lévitiq., XIX, 17): "Vous ne haïrez point votre frère en votre coeur, mais vous le reprendrez publiquement, de peur que vous ne péchiez vous-même à son sujet." Et je lui ai résisté par ce motif (verset 14): "qu’il était répréhensible." On objecte que cette correction eut lieu après que la grâce du Saint Esprit eut été reçue; or après avoir reçu cette grâce, les apôtres ne péchèrent plus. Il faut répondre qu’après la grâce du Saint Esprit les apôtres ne péchèrent plus d’aucune manière mortellement; ils obtinrent ce don de la puissance divine qui les avait confirmés grâce (Ps.. LXXIV, 4): "J’ai affermi ses colonnes, " cependant ils péchèrent véniellement, par suite de la fragilité humaine (I Jean, I, 8): "Si nous di sons que nous sommes sans péché, " c’est-à-dire, véniel, "nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. Mais la Glose dit: Je lui ai résisté comme à mon égal. Il faut en tendre que l’Apôtre fut égal à Pierre dans l’exercice de l’autorité apostolique, mais non dans l’autorité de gouvernement. De ce qui vient d’être dit, nous pouvons tirer une leçon: les supérieurs d’humilité, afin qu’ils ne dédaignent pas d’être repris par les plus petits et par leurs inférieurs; les inférieurs, de zèle et de liberté, afin qu’ils ne craignent point de reprendre leurs supérieurs, surtout si la faute était publique et devenait nuisible au grand nombre. II° Quand S. Paul dit ensuite (verset 12): "Car avant que quelques Juifs, qui venaient de la part de S. Jacques, etc.",il explique ce qu’il vient de dire: I. que Pierre était répréhensible; II.qu’il a repris cet apôtre (verset 14): "Mais quand je vis qu’ils ne marchaient pas droit, selon la vérité de l’Evangile, etc." I. Sur le premier de ces points, 1° il expose quel était le sentiment de Pierre; 2° quelle était sa conduite (verset 12): "Mais étant venu, etc."; 3°quelle en était la conséquence. (verset 13): "Et les autres Juifs acquiescèrent à cette dissimulation, etc." 1° Il dit donc, sur la première de ces subdivisions, que l’apôtre S. Pierre était d’avis qu’on ne devait plus pratiquer les observances légales; et il le mon trait de fait, puisque (verset 12), "avant que les Juifs, " c’est-à-dire, des gens zélés pour ces observances, "fussent venus, de la part de Jacques, " évêque de l’Eglise de Jérusalem, "il, " c’est-à-dire, Pierre, "mangeait avec les Gentils, " en d’autres termes, usait indifféremment de toutes viandes, à la manière des Gentils. Or il agissait ainsi, par l’inspiration du Saint Esprit, qui lui avait dit (Actes, X, 1: "N’appelez pas impur ce que Dieu a purifié, " et comme lui-même, en rendant en quelque sorte compte de sa conduite, le dit aux Juifs, qui s’étaient soulevés contre lui parce qu’il avait mangé avec les incirconcis, (Actes, XI, 8). 2° L’Apôtre rappelle ensuite ce que faisait Pierre, en ajoutant, que lorsqu’il était avec les Juifs (verset 12): "Il se retirait secrètement" de la compagnie des fidèles qui s’étaient convertis de la Gentilité, ne fréquentant plus que les Juifs, et vivant avec eux. C’est ce qui lui fait dire (verset 12): "Mais lorsqu’il fut venu, " savoir de la Judée, Pierre "se retirait" de la société des Gentils convertis, "et se séparait d’avec eux." Il agissait ainsi (verset 12), "parce qu’il craignait ceux qui venaient d’entre les circoncis, " c’est-à-dire, des Juifs, non si l’on veut d’une crainte humaine ou mondaine, mais d’une crainte inspirée par la charité, c’est-à-dire, pour qu’ils ne fussent point scandalisés, dit la Glose. Pierre est donc devenu par cette conduite comme Juif avec les Juifs, feignant avec ceux qui étaient faibles de penser comme eux; mais toutefois cette crainte de sa part était opposée à l’ordre, parce que l’on ne doit jamais abandonner la vérité par crainte du scandale. 3° L’Apôtre fait ressortir à la suite quelle conséquence amenait la conduite de Pierre, en ajoutant (verset 12): "Les autres Juifs, " qui étaient à Antioche, "acquiescèrent à sa dissimulation, " faisant comme lui la distinction des viandes, et se séparant des Gentils, tandis qu’ils n’avaient jamais usé auparavant d’une semblable dissimulation. Et non seulement ils acquiescèrent à la façon d’agir de l’apôtre Pierre, mais cette dissimulation fit de tels progrès dans le coeur des fidèles, que (verset ‘15): "Barnabé lui-même, " qui était comme moi Docteur des Gentils, et avait pratiqué et enseigné le contraire, fut entraîné par eux à dissimuler aussi, " au point qu’il se sépara des Gentils. Et cela, parce qu’ainsi qu’il est dit (Eccli., X, 2): "Tel est le prince de la ville, tels en sont aussi les habitants; et tel est le juge du peuple, tels sont ses ministres." II. Quand S. Paul ajoute (verset 14) Mais quand je vis qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Evangile, " il développe ce qu’il avait dit auparavant de la réprimande faite à l’apôtre Pierre. ‘1° Il expose le motif de la réprimande; 2° la manière dont il l’a faite; 3° les termes même dont il s’est servi. 1° Le motif de cette réprimande n’est pas léger, mais juste et utile, à savoir, le péril que courait la vérité de l’Evangile. C’est ce qui lui fait dire: Pierre, en se conduisant ainsi, était donc répréhensible; mais "je vis, bien que seul, que ce n’était point marcher droit, selon la vérité de l’Evangile, " de se conduire ainsi, puisque la vérité périssait, si l’on forçait ainsi les Gentils à pratiquer les observances légales, comme on le verra pus loin. Or ce qui fait qu’ils ne marchaient pas droit, c’est que la vérité, là surtout où le danger est pressant, doit être publiquement soutenue, et que jamais on ne doit se permettre le contraire, dans la crainte de scandaliser quelques personnes (Matth., X, 27): "Dites dans la lumière ce que je vous dis dans l’obscurité, et prêchez sur ce haut des maisons ce qui vous aura été dit à l’oreille;" et (Isaïe, XXV, 7): "Le sentier du juste est droit; le chemin du juste le conduira droit dans sa voie." 2° Le mode de la réprimande fut convenable, puisqu’il fut public et manifeste. C’est pourquoi l’Apôtre dit (verset 14): "Je dis à Céphas, " c’est-à-dire, "à Pierre, " devant tout le monde, " parce que sa dissimulation était un danger pour tous (I Timoth., V, 20): Reprenez devant tout le monde les pécheurs. Ce qu’il faut entendre des péchés publics, et non de ceux qui sont demeurés secrets, et à l’égard desquels on doit suivre l’ordre de la correction fraternelle. 3° Enfin l’Apôtre rapporte les paroles mêmes dont il se servit pour réprimander Pierre, lorsqu’il ajoute (verset 4): "Si vous, qui êtes Juif, etc." en d’autres termes: "Pierre, si vous, qui êtes Juif, " de nation et de race, " vivez à la manière des Gentils, et non pas à celle des Juifs, " c’est-à-dire, suivez les coutumes des Gentils, et non celle des Juifs, sachant bien et sentant que la distinction des viandes n’est d’aucune utilité, (verset 24): "pourquoi donc contraignez-vous les Gentils, " sinon par un commandement formel, toutefois par votre exemple et par votre conduite, "à judaïser?" Il dit: "Contraignez, " parce que, comme l’a remarqué le Pape Saint Léon, les exemples sont plus puissants que les paroles. L’Apôtre a donc repris Pierre, spécialement en ceci: c’est qu’ayant été lui-même instruit par Dieu, au moment où il suivait les coutumes des Juifs, de ne plus faire à l’avenir la distinction des viandes (Act., X, 15): "N’appelez pas impur ce que Dieu a purifiée", il feignait cependant de faire le contraire.