Bravo ! Merci pour ces compléments utiles et pertinents !
Jean-Mathieu Robine - 2004-04-01 01:39:52
Bravo ! Merci pour ces compléments utiles et pertinents !
En effet, je n'avais commenté qu'un aspect du verset cité. Vous complétez parfaitement mes propos, avec vos citations, indices et suggestions trinitaires, commentant l'autre comparaison de saint Paul, entre Dieu le Père et Dieu le Fils, modèle des relations entre l'homme et la femme. Permettez-moi une glose, que j'espère pas trop maladroite et pas trop répétitive, des pistes que vous indiquez ici.
Vous rappelez que "la femme vient de l'homme, mais l'homme est né de la femme", et que "la femme ne peut rien sans l'homme et [...] l'homme ne peut rien sans la femme", d'où vous tirez avec saint Paul que "la relation homme - femme est donc un peu comme la relation Dieu [le Père] - Christ" : il y a donc une parfaite égalité, dans une radicale différence, entre l'homme et la femme.
J'entends par "radicale égalité" le fait qu'aucun des deux n'est placé en situation d'infériorité ou de supériorité par rapport à l'autre dans une hiérarchie naïvement unidimensionnelle, mais que les deux sont placés, à l'inverse d'une situation hiérarchique traditionnelle et trop "humaine" (au sens péjoratif du terme), en radicale dépendance l'un à l'égard de l'autre, dépendance dûe à leur complémentarité et à leur différence, de même que dans la Sainte Trinité, aucune des Trois Personnes n'existe ni ne se conçoit sans les deux Autres.
Mais je n'entends pas par "radicale égalité" une égalité uniformisatrice, incapable de concevoir l'altérité, donc la dépendance mutuelle. C'est à dire que, de même que le Père et le Fils, dans la Trinité, sont intimement semblables (même nature divine, et un Unique Dieu en Trois personnes) mais ne sont pas interchangeables parce que fondamentalement différents (par la relation d'engendrement, ou si l'on préfère de filiation, qui les unit tout en les distinguant radicalement ; si on ajoute la Troisième Personne, il faut prendre aussi en compte la relation de "spiration", alias de "procession"), et sont pourtant parfaitement égaux ("ils reçoivent même adoration et même gloire", comme nous le proclamons dans le Symbole de Nicée à propos du Père et du Fils : on ne peut pas imaginer une plus grande égalité), de même, l'homme et la femme sont on ne peut plus semblables (même nature humaine : "celle-ci est l'os de mes os et la chair de ma chair", s'exclame Adam), on ne peut plus différents (la seule différence vraiment radicale entre les êtres humains est la différence sexuelle), et on ne peut plus égaux (dès que l'on introduit une hiérarchie unidimensionnelle entre les sexes, on bafoue et on méprise autant le sexe que l'on croit élever que celui auquel on refuse la dignité, les honneurs et les conséquences pratiques de l'égalité).