Je suis tout à fait de votre avis, et Michel Jacques...
Jean-Mathieu Robine -  2004-03-24 22:56:04

Je suis tout à fait de votre avis, et Michel Jacques...

...peut ajouter mon nom à la suite du vôtre et de celui de Rémi, comme exemples de liseurs du FC partageant cette attitude dépassionnée à l'égard du NOM. Je ne prétends pas avoir toujours eu cette attitude (il m'est arrivé par le passé d'être à la fois moins nuancé et moins rigoureux), mais désormais mon opinion est faite, et mon soutien total à "Paix Liturgique 92", par exemple, le montre bien. Je trouve que nous sommes vraiment très loin de l' "application large et généreuse" de l'indult prévu par le motu proprio "Ecclesia Dei", et qu'il est indispensable, pour le bien de l'Eglise et de tous les fidèles, de ne plus comprendre cet indult comme une "parenthèse miséricordieuse", ce qui est une attitude irréaliste et à courte vue (mais que je peux tout à fait comprendre), qui montre à quel point on méconnaît l'importance et la gravité de cette question. Les évêques qui comprennent ainsi l'indult ne prennent pas les traditionnalistes au sérieux, et ils se trompent gravement en les considérant ainsi. Je conçois que certains soient tellement attachés au missel de Paul VI (que moi aussi j'aime beaucoup, en particulier quand il est dignement célébré, ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas, évidemment), qu'ils en viennent à regretter que l'indult soit devenu nécessaire : certes, si le missel de Paul VI avait été introduit d'une façon plus intelligente et moins brutale, on n'en serait peut-être pas là, mais on ne peut pas remonter le temps. Ce qui est fait est fait. Et le traditionnalisme catholique ne se limite pas à l'attachement au missel de 1962 (alias de saint Pie V) : c'est toute une sensibilité, qui en général n'est pas moins conforme à l'orthodoxie catholique qu'une autre, ni moins légitime qu'une autre, et qui préexistait au concile Vatican II. On peut ne pas aimer cette sensibilité, voire même y être hostile pour diverses raisons, mais on devrait la reconnaître pour ce qu'elle est, et admettre qu'elle a toute sa place dans l'Eglise, et sa légitimité propre, aux côtés d'autres sensibilités. Et ce n'est absolument pas une question sentimentale, contrairement à ce que le mot "sensibilité" pourrait laisser entendre. Croire que ce n'est qu'une question sentimentale ou affective est encore une façon de ne pas prendre le traditionnalisme catholique avec le sérieux qu'il mérite. C'est aussi ne pas comprendre ce qu'il peut apporter de spécifique à l'Eglise, et qu'il serait profondément regrettable de négliger ou de sous-estimer.