Popeye - 2007-12-03 11:19:42
IBP / FSSPX - (suite)
Thèse FSSPX de M. Justin Petitpeu :
1. Le Pape, de par la plénitude de sa juridiction, a le pouvoir de modifier le rite.
2. Ce pouvoir ne peut aller jusqu’au pire, conformément au CEC n°1125.
3. Donc, puisque le NOM présente les carences décrites par le Bref Examen Critique, le Pape ne pouvait pas légalement modifier le rite, le NOM étant non pas sacramentellement invalide (thèse sédévac récusée par M. Petitpeu), mais légalement inexistant ; précisé par ailleurs qu’« illégitime » est pris comme synonyme d’ « illégal ».
4. En conséquence de quoi (validité et illégalité), une comparaison fondée des Messes NOMistes et des Messes des hérétiques et schismatiques Byzantins.
5. Accessoirement, le reproche d’inconséquence doctrinale et d’opportunisme pratique fait aux abbés de l’IBP.
Thèse IBP de M. l’abbé Guillaume de Tanoüarn :
1. Le Pape, de par la plénitude de sa juridiction, a le pouvoir de modifier le rite.
2. Cette plénitude de pouvoir est au principe de la légalité du rite.
3. Partant, les carences du NOM, si graves qu’elles justifient le refus pratique d’y recourir, ne vont pas jusqu’à l’invalider. Partant, Paul VI a pu juridiquement promulguer le NOM, lequel a donc une existence légale. Le NOM est donc « légitime » sous le rapport de sa légalité ; « illégitime » sous celui de sa nocivité potentielle résultant d’un éloignement impressionnant, tant dans l’ensemble que dans le détail, de la théologie catholique de la Messe. On expliquera donc CEC n°1125, aux termes duquel : « l’autorité suprême ne peut changer la liturgie à son gré, mais seulement dans l’obéissance de la foi et dans le respect religieux de la liturgie », comme suit : le Pape Paul VI pouvait légalement promulguer le NOM ; ne pouvait pas moralement le promulguer sans pécher.
4. En conséquence de quoi (validité et licéité), les propos de Mgr Lefebvre contre la Messe NOMiste sont blasphématoires pour l’Église.
5. Accessoirement, les reproches faits aux abbés Tanoüarn et Lagérie sont infondés.
Discussion des deux thèses :
1. La thèse IBP a l’inconvénient théorique de fonder la légalité du rite sur la plénitude de juridiction de son auteur. Or, de même que la plénitude de juridiction n’empêche pas qu’un Pape soit hérétique dans son magistère public simplement ordinaire, de même elle n’empêche pas qu’il promulgue un rite objectivement et sacramentellement invalide. Faudrait-il alors conclure à un rite invalide mais légal ? C’est absurde. Donc la thèse IBP est fausse. À quoi se répondra qu’il suffit de poser l’objection pour la résoudre, en distinguant théologiquement le principe du tempérament : De même que le Pape ne peut être jugé par personne, sauf schisme ou hérésie, de même la plénitude de juridiction est source de légalité du rite, sauf à ce qu’il soit invalide.
2. La thèse FSSPX a l’inconvénient pratique gravissime de creuser un fossé infranchissable entre VOMistes et NOMistes, subordonnant la réconciliation à l’abdication pure et simple des NOMistes, condamnés à se renier eux-mêmes. Cette chimère n’aura pas lieu, qui méconnaît complètement la psychologie humaine et le poids des réalités. Au final, elle aboutit à perpétuer pour de longs siècles l’état de schisme apparent (non réel, mais apparent) en lesquels se trouvent les Traditionnalistes d’obédience FSSPX, pour la plus grande joie des coteries progresso-modernistes.
Conclusion :
L’IBP et la FSSPX ne sont pas seulement des siamois scindés par le scalpel de Benoît XVI. Ce sont encore des instituts nécessaires l’un à l’autre. Les avancées de l’IBP seront utiles à la FSSPX. Inversement, l’existence de la FSSPX prémunit l’IBP d’éventuelles vélléités romaines hostiles à la Tradition, Rome cherchant à réintégrer la FSSPX . Polémiquer entre soi est un non-sens.