« Selon Petitpeu, tel qu'il s'exprime dans cet article, le pape n'a pas le droit de modifier (je reprends le terme qu'il emploie) la liturgie ».
J’ai la sensation d’avoir écrit quelque chose de très différent : « Il n’est pas compliqué de prouver que tout au long de l’Histoire de l’Eglise, les pouvoirs du Saint-Siège en matière de liturgie ne se sont exprimés que pour transmettre, sauvegarder, retrouver et compléter les rites liturgiques de l’Eglise. Jamais il n’a été question de changer radicalement ou d’interdire. C’est là la nouveauté de 1969 qu’il est malvenu de comparer aux autres et de placer sous le même regard du pouvoir pontifical. » Je reconnais bien évidemment que les papes ont le droit et même le devoir d’intervenir dans la codification des rites, et même d’y apporter des modifications (même si le terme vous choque). Cela est le cas depuis des siècles…La question est de savoir quand ces mesures deviennent suffisamment déréglées pour qu’elles deviennent illégitimes et qu’elle sorte du cadre de la Liturgie. Vous simplifiez mon propos pour mieux le caricaturer et nous imposer encore un mode de raisonnement parfaitement binaire qui doit forcément conclure au sédévacantisme. Le résultat n’est donc pas « il n’est pas pape », mais plutôt « le NOM n’est pas légitime », ce que vous devez éviter à tout prix. - Vous ne m’avez pas répondu sur l’interdiction du rite traditionnel et la suppression du sous-diaconat….Dans un monde où règne le droit divin du pape qui sert à sanctifier et à enseigner le troupeau, deux abus de pouvoir aussi grossiers font évidemment un peu tâche. De là à en reconnaître un troisième, il n’y avait qu’un pas….Vous avez mieux fait de passer votre chemin. - Je suis assez surpris que ma position vous hérisse tant…Figurez-vous que l’ensemble de mon message ne faisait que résumer le Catéchisme de l’Eglise Catholique dans son N° 1125 : « C’est pourquoi aucun rite sacramentel ne peut être modifié ou manipulé au gré du ministre ou de la communauté. Même l’autorité suprême dans l’Église ne peut changer la liturgie à son gré, mais seulement dans l’obéissance de la foi et dans le respect religieux du mystère de la liturgie. » Il est plaisant de constater que cela résume assez bien les positions de Mgr Gamber qui selon vous « se trompe ». Qui a raison au regard du catéchisme ? Et surtout qui a raison au regard de l’Histoire quand on sait avec quelle maestria le Novus Ordo a été promulgué en 1969 ? Dire que Paul VI a réformé le rite de la messe dans l’obéissance de la foi et dans le respect religieux du mystère de la liturgie serait sans conteste un gros mensonge…Il faut croire que Paul VI a donc changé la liturgie à son gré et que son droit est pour le moins douteux. - Vous m’accusez de détourner les écrits du cal Ratzinger à mon profit…et qu’il n’a pas du tout voulu conclure à l’illégitimité du NOM en lui-même. Dans sa préface du livre de Dom Alcuin, publié dans « 30 giorni » en 2004, le cardinal écrivait : « Le Pape n’est pas un monarque absolu dont la volonté fait loi, mais plutôt le gardien de l’authentique Tradition et par là même, le premier garant de l’obéissance. Il ne peut pas faire ce qu’il veut, et c’est justement pour cela qu’il peut s’opposer à ceux qui entendent faire ce qu’ils veulent. La loi à laquelle il doit s’en tenir n’est pas d’agir ad libitum, mais l’obéissance à la foi. » Encore une fois, qu’ai-je dit d’autre ? c’est plutôt votre droit divin en matière liturgique qui paraît d’un coup quelque peu déplacé. Et le cardinal continue : « C’est pourquoi, par rapport à la liturgie, il exerce la tâche du jardinier, et non pas celle du technicien qui construit des machines neuves en jetant les vieilles. » Ce technicien, c’est en toute beauté le portrait de Paul VI, que ça vous plaise ou non. Oui ou non le NOM est-il une évolution normale et raisonnable du rite traditionnel ? Si oui, alors pourquoi refuser de le célébrer et pourquoi, bizarrement, ces deux rites subsistent-ils alors qu’il y a quarante ans, celui-là devait remplacer celui-ci ? Si non, alors cette réforme rentre-t-elle dans le cadre du catéchisme et des écrits du cal Ratzinger ? Je pense que depuis quarante ans, et comme je l’ai montré dans mon premier message, tout le monde (ou presque) est d’accord pour dire que le NOM est véritablement une novation et qu’à ce titre, il ne peut prétendre à une légitimité liturgique…