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Réginald -  2007-11-27 15:23:15

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Vous affirmez que le pape "ne peut pas donner des ordres mauvais". Je ne peux que protester énergiquement contre cette extension démesurée de l'infaillibilité du pape. NM n'enseigne qu'une chose qui est la doctrine catholique : un Pape ne peut pas promulguer une loi universelle mauvaise. Les grands théologiens des XVI et XVII siècles qui ont lutté contre les protestants – Cajetan par exemple, ou Jean de Saint-Thomas – envisageaient comme tout à fait possible qu'un pape devînt hérétique. Bien entendu; mais ils enseignaient aussi que dans ce cas de tels Papes perdaient leur Pontificat. Jamais ils n'auraient enseigné qu'un Pape puisse devenir hérétique et rester Pape. En revanche, tout le problème est là, vous soutenez que quatre Papes successifs ont imposé et célébré une liturgie mauvaise, hérétique et illégitime à l'Eglise tout en demeurant Papes. Voilà qui est inadmissible. A la rigueur, vous pouvez défendre à titre de thèse théologique, si ça vous chante, qu'il est impossible qu'un pape donne des ordres mauvais, mais ne présentez pas cela comme la doctrine obligatoire de l'Église ! Un peut donner des ordres mauvais quand ces ordres n'ont pas de caractère universel, je le concède ; un Pape peut donner des ordres mauvais quand ces ordres sont universels, je le nie. Le théologien Iragui écrit ainsi : les décrets de ce genre sont les lois universelles par lesquelles la vie chrétienne de l'homme et le culte sont ordonnés. Même si la faculté de faire des lois appartient au pouvoir de juridiction, le pouvoir du magistère est impliqué sous un aspect spécial dans la mesure où dans ces lois il ne peut rien avoir qui s'oppose à la loi naturelle ou positive. Sous cet aspect, nous affirmons que le jugement de l'Église est infaillible. Nous n’affirmons pas cependant que les lois ecclésiastiques soient les plus prudentes de toutes, ni qu’elles soient immuables et intangibles ; en effet, au grès des circonstances, d’autres lois peuvent exister ; que l’on pense ainsi aux variations du droit canonique et liturgique, surtout sous Pie XII. » (Iragui-Abarzuza, Manuale theologiae dogmaticae, tome 1, Madrid, 1959, p. 453) Et puisque l'argument d'autorité ne suffit pas, je vous propose de me réfuter le syllogisme suivant : Ce qui est nécessaire pour obtenir le salut éternel doit être garanti par l’infaillibilité. Or les lois liturgiques sont nécessaires pour obtenir le salut éternel. Donc que les liturgiques sont infaillibles Que refusez-vous ? La majeure ? La majeure du syllogisme est évidente, car la mission de l’Eglise est de conduire les fidèles au salut éternel. Par conséquent, si le magistère de l’Eglise demandait à ses fidèles et à ses prêtres d’utiliser une loi disciplinaire ou liturgique mauvaise, il manquerait à sa mission, puisqu’il les détournerait de la foi en leur imposant une obligation qui mettrait en péril leur salut éternel. La mineure ? Mais la mineure du syllogisme n'en est pas moins évidente : lex orandi, lex credendi, dit l’adage. La liturgie nourrit en effet la foi des fidèles.