C'est justement ce qui est en débat !
Azerty - 2007-11-27 15:02:16
C'est justement ce qui est en débat !
Vous êtes gentil, Paterculus, mais vous n'apportez, comme seul argument, que la seule affirmation péremptoire du point qui, justement, est en débat.
Vous affirmez que le pape "ne peut pas donner des ordres mauvais".
Je ne peux que protester énergiquement contre cette extension démesurée de l'infaillibilité du pape.
Relisez la définition de l'infaillibilité du pape donnée par le concile Vatican I (la seule défintion dogmatique qui existe sur ce sujet), elle ne dit pas cela du tout.
L'infaillibilité du pape a des limites. Elle n'équivaut pas à l'impeccabilité.
Les grands théologiens des XVI et XVII siècles qui ont lutté contre les protestants – Cajetan par exemple, ou Jean de Saint-Thomas – envisageaient comme tout à fait possible qu'un pape devînt hérétique. Ou qu'un pape se conduise comme un tyran, et qu'il soit nécessaire de lui résister. Non seulement ils n'ont jamais été condamnés pour cela, mais ils sont restés, jusqu'à aujourd'hui, des autorités reconnues en matière théologique.
Aujourd'hui, certains théologiens ont plutôt tendance à étendre démesurément l'infaillibilité du pape, mais ce ne sont là que des opinions théologiques.
A la rigueur, vous pouvez défendre à titre de thèse théologique, si ça vous chante, qu'il est impossible qu'un pape donne des ordres mauvais, mais ne présentez pas cela comme la doctrine obligatoire de l'Église !
L'infaillibilité du pape (comme des conciles, d'ailleurs) est limitée par des conditions. Mgr Lefebvre a demandé au début de Vatican II à ce que ces conditions soient respectées pour le Concile, et on a refusé (arguant que c'était un concile "pastoral"). Alors qu'on ne vienne pas maintenant essayer de faire admettre comme "infaillibles", des décisions qu'on a justement fait volontairement échapper aux conditions de l'infaillibilité. Ce n'est pas honnête !