La loi sur l’avortement pourrait être légitime pour l’abbé de Tanouarn ?
Antoine -  2007-11-27 11:23:29

La loi sur l’avortement pourrait être légitime pour l’abbé de Tanouarn ?

Il semblerait bien que ce soit là l’avis de l’abbé de Tanouarn. En effet, qu’est ce qui, pour lui, fait la légitimité d’une loi ? Le pouvoir du pape, pour sanctifier et pour enseigner le troupeau du Christ est un pouvoir de droit divin. Le pape a donc bien pouvoir en droit sur cette grande loi de la sanctification des fidèles qu'est la loi liturgique. Il est dans le domaine de définition de son pouvoir lorsqu'il exerce son autorité sur les formes de la liturgie. Donc pour l’abbé de Tanouarn, ce qui fait la légitimité d’une loi, c’est le pouvoir en droit du législateur à définir ou de modifier la loi. Un chef d’état possède de droit ce pouvoir de définir ou de modifier la loi, pouvoir qui lui est donné par Dieu…. Mais est ce à dire que toute loi sociale qu’il proclame est légitime ? Le plus drôle, si cela n’était pas une question aussi importante, c’est que l’abbé de Tanouarn la contourne habilement en parlant de la question de l’avortement : pour lui, l’état n’a aucun pouvoir sur la loi morale, donc la loi n’est pas légitime, fin de la discutions. Est-ce que, par exemple, et en admettant que ce soit possible, si l’Eglise en venait un jour à modifier sa liturgie jusqu’à en faire une scène protestante, serait ce toujours légitime car Elle en a le pouvoir ? Un simple exemple sur la Chine : dans ce pays, l’avortement est promu d’un point de vu social : pour la société, c'est-à-dire pour le bien de chaque personne, pour que chaque personne puisse se nourrir et vivre, il ne faut avoir qu’un enfant par famille. Cette loi étant prononcée en raison de problèmes sociaux (insécurité, famine, …) deviendrait-elle alors légitime ? Il est pourtant bien légitime que le chef d’état légifère et trouve des solutions quand son état est en péril !!! De la même façon qu’il serait légitime pour un pape de modifier la liturgie pour le bien de l’Eglise, même si ces modifications devaient entraîner une diminution de la foi ou favoriser l’hérésie, de la même façon, pourquoi ne serait il pas légitime pour un chef d’état de modifier la loi en vue du bien de la société, même s’il fallait pour cela promouvoir l’avortement ? Une fois de plus, l’abbé de Tanouarn ne parle que de légitimité de promulgation, et « oublie » de parler de la légitimité de fond. L’abbé Laguérie avait déjà reproché à l’abbé de Caqueray cette question, et pourtant cette question est chaque fois plus actuelle, chaque fois plus légitime : Il (l’abbé de Cacqueray) continue, pour des raisons obscures, à faire dire à l’I.B.P. que le NOM est légitime en son fond alors que nous disons qu’il l’est dans sa promulgation, dans le pouvoir qu’a l’Eglise de le produire. Et merci à monsieur l’abbé de Tanoüarn de nous préciser que ceux qui contestent ce point n’ont rien à faire dans l’Eglise : c’est la pure vérité. Contester ce pouvoir de l’Eglise est la définition même du schisme. La position de l’I.B.P. est donc très claire : illégitimité du NOM dans son contenu et légitimité (ou légalité, c’est alors la même chose) dans sa promulgation et le pouvoir radical que l’Eglise a de le faire. Et pourtant !!! A force de ne parler que de légitimité de promulgation, sans jamais parler de légitimité de contenu, à force de dire inconditionnellement que la nouvelle messe est légitime, l’IBP pourrait bien finir se faire les promoteurs de la légitimité de la nouvelle messe. A force de promouvoir la légitimité de la nouvelle messe, l’IBP pourrait finir par renoncer au combat de Mgr Lefebvre. Car enfin, dire que la messe est légitime en s’arrêtant à une légitimité de pouvoir de promulgation, sans jamais dire qu’elle n’est pas légitime dans le fond, c’est à mon avis faire une grande injure à l’un des seuls qui ait osé faire face aux fumées de Satan qui se sont introduites dans l’Eglise.