J'ai déjà répondu plus haut…
Azerty -  2007-11-27 11:18:28

J'ai déjà répondu plus haut…

J'ai déjà répondu plus haut – avant même que vous les formuliez – à ces arguments, devinant bien que vous viendriez me citer ces textes de Pie VI et Grégoire XVI (pas dans le même exprit que l'abbé de Tabnouarn, certes, puisque votre but à vous est de démontrer que les papes conciliaires ne sont pas papes). Je n'ai qu'à répéter ce que j'ai déjà dit :

Que l'infaillibilité du pape s'étende dans une certaine mesure jusqu'à ses lois liturgiques et disciplinaires est certain. Mais toute la question est précisément de savoir : quelle est cette mesure Il y a sur ce point des avis divergents parmi les théologiens et, à ma connaissance, la question n'a jamais été tranchée de façon définitive et infaillible par le Magistère. (On peut certes citer quelques textes du Magistère sur ce sujet, mais qui ne sont pas des définitions dogmatiques, et dont la signification précise est justement matière à discussion). Voir, sur ce sujet, l'étude très documentée dans l'ouvrage d'Arnaldo Xavier da Silveira "La Nouvelle messe de Paul VI, qu'en penser ?" (DPF, 1975), p. 161-209.

Vous renvoyant donc à l'ouvrage de da Silveira pour une discussion poussée, je me contente de vous faire remarquer que vous contredisez manifestement ce que j'ai dit en essayant de faire croire que je tiendrais Pie VI et Grégoire XVI pour des sophistes. Je ne trouve pas cet arguement très honnête. En revanche, je pense, oui, que Pie VI et Grégoire XVI sont mal interprêtés par vous, et que l'infaillibilité qui est incontestablement celle de la liturgie traditionnelle ne couvre pas de la même manière les innovations de Paul VI (je dis : pas de la même manière, car elle les a quand même protégées de l'hérésie formelle). Pie VI et Grégoire XVI parlent de rites liturgiques qui ont été paisiblement reçus pendant des siècles par toute l'Église, et que les jansénistes veulent se permettre, après coup, de venir critiquer. Si l'Église avait erré en les promulguant, son infallibilité serait effectivement atteinte. Le cas est différent pour la nouvelle liturgie, qui n'a jamais été reçue de façon paisible, mais contestée dès le début, et par les plus hautes autorités (cardinal Ottaviani, notamment). De surcroît, cette nouvelle liturgie n'a jamais été la règle universelle (puisque l'antique liturgie n'a jamais été abolie, et que c'est elle qui était la règle universelle ; la nouvelle liturgie n'atait donc, comme Madiran le disait à l'époque, qu'une dérogation exceptionnelle à la règle). On ne peut donc aucunement appliquer les sentences de Pie VI et Grgéoire XVI à la nouvelle liturgie : elles ne parlent pas de la même chose. [Je répète : Pour une discussion poussée, voir l'étude très documentée dans l'ouvrage d'Arnaldo Xavier da Silveira "La Nouvelle messe de Paul VI, qu'en penser ?" (DPF, 1975), p. 161-209.]