Si on refuse la légitimité d'une loi liturgique promulguée par le pape, c'est le pape lui-même que l'on refuse comme pontife légitime.
Cela me paraît un horrible sophisme ! Un enfant peut refuser d'obéir à un ordre mauvais de son père sans pour autant refuser de le considérer comme son père légitime ! Vous me répondez que le pape a le droit légitime de modifier la liturgie. A quoi je réponds : oui, en soi. Mais si, de fait, il prétend imposer une liturgie qui met en danger la foi (par ses ambiguïtés et ses omissions), il abuse de son droit (il use de façon illégitime d'une faculté en soi légitime). Et l'on est fondé à lui résister. Résistance juste ou injuste dans la mesure où le jugement porté sur la nouvelle liturgie est juste ou injuste – mais qui, dans aucun des deux cas, ne peut être ramené purement et simplement au sédévacantisme ! La question fondamentale reste celle-ci : la nouvelle liturgie est-elle, oui ou non, "favens heresim" (favorisant l'hérésie) ? Il me semble que, jusqu'ici, vous teniez que oui – et que vous tendez maintenant à considérer que non (puisque vous la considérez comme légitime). Et je ne vois pas bien en quoi vos explications dissipent cette impression (Notez qu'il n'y a rien en soi de déshonorant à changer d'avis si l'on estime s'être trompé ; mais il est bon que les choses soient claires). [Pour que les choses soient parfaitement claires, je me situe moi-même dans la mouvance FSSPX. J'estime donc que la nouvelle messe n'est ni hérétique (comme le tiennent les sédévacantistes) ni bonne et louable (comme le tiennent les ralliés), mais "favens hérésim" – favorisant l'hérésie pas ses omissions et ses ambiguïtés. Sa célébration peut donc être valide et même porteuse de grâce pour quelqu'un qui la célèbre de façon catholique et sans être conscient de ses déficiences – mais elle devient interdite à celui qui prend conscience de son caractère dangereux.]