le chrétien et la patrie...
Prof -  2007-09-20 18:25:00

le chrétien et la patrie...

Il ne s'agit pas de séparer, ni d'ailleurs de confondre, le spirituel et le temporel; simplement de les distinguer et reconnaître ainsi l'autonomie de la sphère politique. De même que la grâce suppose la nature et se greffe sur celle-ci, le bien temporel est ordonné au bien spirituel. Ainsi que le bien du corps est ordonné au bien de l'âme et que la sainteté de l'âme suppose donc la santé du corps. Il faut ici distinguer l'ordre naturel et l'ordre surnaturel, c'est-à-dire l'ordre de la nature et l'ordre de la grâce. Dans l'ordre de la nature, il faut constater que l'enracinement est inséparable de la condition humaine; et par conséquent l'universel n'est atteint qu'en franchissant d'abord les marches du particulier. Si bien que l'attachement de l'homme à sa famille et sa patrie sont tout à fait légitimes et même nécessaires. Ce que ne reconnaît pas une conception abstraite et désincarnée de la nature humaine, qui nivelle les identités et les différences. La religion catholique n'est-elle pas la religion de l'Incarnation? Vous le dites: le Christ a pleuré sur Jérusalem. Mais dans l'ordre surnaturel, les âmes, fécondées par la grâce, atteignent immédiatement le sommet de l'universel, dans la communion des saints. Il reste que l'homme, ici bas, fait la volonté de Dieu en se soumettant aux exigences de sa nature incarnée et en accomplissant ainsi sont devoir d'état qui lui commande des fidélités terrestres, reflets de sa fidélité à Dieu.